Mahaim Raphaël · Nationalrat · 2025-05-06
Mahaim Raphaël · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2025-05-06
Wortprotokoll
Je défends cette intervention déposée à l'époque par notre ancienne collègue, Valentine Python, qui s'inquiétait, à juste titre, du fait que le climatoscepticisme - ou on pourrait dire le climatonégationnisme - est en augmentation dans notre pays, comme dans beaucoup d'autres pays d'ailleurs. Une rapide recherche sur Internet m'indique que dans plusieurs pays les indicateurs sont assez alarmants. En France, par exemple, le climatoscepticisme aurait doublé en 20 ans, étonnamment, malgré l'accumulation de connaissances scientifiques sur le sujet. Maintenant près de 30 à 40 pour cent de la population ne croirait pas au réchauffement climatique, comme s'il s'agissait d'une croyance ou d'une religion. Bien évidemment ce type de comportement ou ce type de croyance ou de dogme a des conséquences dramatiques sur l'appréhension que l'on fait du phénomène et sur les mesures que l'on prend en tant que société pour lutter contre, probablement, le plus grand péril ou en tout cas l'un des plus grands périls qui nous menacent pour le siècle à venir.
Dans ce contexte d'augmentation du climatoscepticisme, Valentine Python demandait simplement au Conseil fédéral l'élaboration d'une stratégie, c'est-à-dire d'un ensemble de mesures coordonnées, destinée à faire en sorte de lutter contre l'augmentation, contre l'expansion du climatoscepticisme; pas de nouvelles bases légales donc, pas de nouveaux fonctionnaires, pas de nouvelles mesures coercitives, simplement une stratégie, l'élaboration de programmes de communication par exemple. Le Conseil fédéral répond que nous en faisons déjà suffisamment, parce qu'il y a les bases légales dans la loi sur le CO2, par exemple, ou dans d'autres textes de loi.
Evidemment, on peut se réjouir du fait que les bases légales existent déjà et qu'elles permettent de faire le job. Il était notamment question de Météosuisse, qui fournit un certain nombre d'informations sur les évolutions climatiques. C'est évidemment une bonne chose que cela existe. Cependant, force est de constater que les mesures actuelles, qui se limitent - on pourrait le dire - à une information assez timide, [PAGE 659] assez peu coordonnée et assez peu globale, ne suffisent ni à endiguer le phénomène ni à le prendre au sérieux pour ce qu'il représente, soit une négation frontale des connaissances scientifiques récentes sur l'un des phénomènes les plus importants à connaître, parce qu'il s'agit de l'un des risques les plus importants pour nos sociétés.
Voilà donc l'objet de la motion que je vous propose aujourd'hui de soutenir.