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Roth Pasquier Marie-France · Nationalrat · 2025-06-02

Roth Pasquier Marie-France · Nationalrat · Freiburg · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2025-06-02

Wortprotokoll

Nous sommes réunis aujourd'hui pour débattre d'une initiative qui touche au coeur de notre démocratie, de notre diversité culturelle et de notre cohésion nationale. Le but de l'initiative populaire "200 francs, ça suffit !" est de réduire de moitié le budget de la SSR. Les conséquences désastreuses d'une telle réduction se répercuteraient sur nous toutes et tous. Les régions périphériques et les minorités linguistiques en seraient les premières touchées. La SSR a déjà annoncé qu'en cas d'acceptation de l'initiative elle serait obligée de repenser sa structure décentralisée. Actuellement, la RTS a deux studios principaux en Suisse romande, à Lausanne et à Genève, et six bureaux régionaux, à Fribourg, Sion, Bienne, Moutier, Delémont et Neuchâtel. Cet ancrage dans les régions, au plus près de l'actualité locale, nous permet d'avoir des informations de première main et pertinentes pour toute la Suisse. Alors que les médias privés centralisés suppriment des dizaines de postes chaque année, il est crucial que le service public reste implanté dans nos régions au contact de la population. Sans cela, un désert médiatique se profile dans les régions périphériques.

L'accès à une information fiable, indépendante et pluraliste est une condition et un fondement de la démocratie. Les journalistes doivent pouvoir exercer leur métier afin de garantir ce rôle d'information des citoyennes et citoyens. C'est une condition nécessaire pour permettre le débat démocratique à tous les niveaux.

Cette centralisation de la SSR entraînerait également une limitation de l'offre culturelle et sportive ainsi qu'une baisse de soutien dans les domaines du cinéma et de la musique suisses, notamment populaires. Elle se ferait au détriment de la diversité culturelle, car, que ce soit à travers la transmission de la Saint-Nicolas à Fribourg, des combats de reines en Valais ou du cortège de l'Escalade à Genève, la SSR met en lumière les traditions et les événements locaux. Elle renforce ainsi le sentiment d'appartenance des communautés locales. Je crains que la SSR ne puisse maintenir toutes ses opérations spéciales avec la moitié de son budget actuel.

L'acceptation de cette initiative entraînerait aussi d'importantes suppressions de postes. De nombreuses rédactions spécialisées disparaîtraient. Cette situation est d'autant plus alarmante que le journalisme traverse déjà une crise profonde. Au final, le droit des citoyennes et des citoyens à une information fiable, indépendante et pluraliste paraît plus que jamais remis en question. Or, le droit à l'information assure la qualité du débat public et permet à chacun d'exercer pleinement et en toute lucidité sa citoyenneté. C'est d'autant plus important dans le contexte politique international actuel, dans lequel les fake news et les tentatives de désinformation pullulent sur les réseaux sociaux, une tendance qui est et sera encore plus accentuée par la démocratisation de l'intelligence artificielle.

En conclusion, l'initiative SSR met en péril un bien commun précieux : notre accès à une information de qualité, indépendante et équitablement répartie sur tout le territoire. Je vous prie donc de refuser cette attaque contre notre droit à l'information et de nous engager pour des médias forts. Le groupe du Centre recommande de refuser cette initiative. Il rejettera également la minorité Fischer Benjamin, qui propose un renvoi à la commission, et la minorité Pult, qui propose un contre-projet en finançant la SSR par un fonds alimenté par une augmentation de la TVA.