Marty Dick · Ständerat · 2003-06-17
Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2003-06-17
Wortprotokoll
Je m'excuse de reprendre la parole, mais je n'aimerais pas que ce silence dans la salle soit interprété comme une manifestation d'indifférence. Je pense qu'il est absolument nécessaire de faire la clarté dans le domaine de l'euthanasie. Il y a une divergence frappante et choquante entre ce que le droit dit et la réalité. Toutes les recherches empiriques qui ont été faites dans pratiquement tous les pays démontrent que l'euthanasie est un phénomène courant. Ce qui est inquiétant, c'est que cela se passe en dehors de toute procédure, et le plus souvent sans aucune transparence.
Le débat sur l'euthanasie est vif dans de nombreux pays; il est très vif au Conseil de l'Europe; et deux pays ont eu - je crois qu'on doit le dire - le courage de légiférer dans ce domaine. Il s'agit des Pays-Bas et de la Belgique, qui ont admis l'euthanasie dans des limites très rigoureuses, lorsque la personne concernée en fait la requête pressante, sérieuse et objective. Ces législations ont démontré qu'il n'y a pas eu d'augmentation des cas, mais bien plutôt une diminution. Alors, je crois qu'on doit mettre fin à cette hypocrisie qui veut que l'euthanasie n'existe pas, alors qu'elle est pratiquée souvent sans aucun contrôle, par une décision due au hasard selon le médecin qui à la charge du patient. Souvent, ce sont des tâches qui sont déléguées à des infirmières sous le couvert d'une médecine palliative. Il est absolument nécessaire que l'on affronte ce problème, comme on doit aussi affronter le problème de l'assistance au suicide, assistance qui est en dehors du cadre médical: là aussi, il faut qu'il y ait transparence.
Ce sont des sujets difficiles parce qu'ils touchent des tabous: la vie, la mort, des valeurs religieuses; la dignité, qui peut être la dignité de la vie, mais aussi la dignité d'une personne qui veut choisir le moment et les modalités de sa mort. Ce n'est pas parce que c'est un problème difficile qu'il faut refuser de l'affronter.
Je souhaite vivement que le Conseil fédéral présente des propositions et que l'on ait l'occasion d'en discuter vraiment d'une façon ouverte et objective.