Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · 2025-06-04
Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-06-04
Wortprotokoll
Les comptes annuels de la Confédération pour 2024 sont bien meilleurs que prévu. Alors que le Conseil fédéral prévoyait un déficit de 2,6 milliards de francs, l'année s'est conclue par un léger déficit de 80 millions. Nous avons donc quasiment atteint l'équilibre. Les comptes montrent un excédent structurel de 1,3 milliard, un compte de résultat avec un bénéfice de 2,1 milliards et des recettes ordinaires qui ont augmenté de 4,6 milliards de francs par rapport à 2023. Cela représente une augmentation de 5,8 pour cent, ce qui est jugé important.
Néanmoins, année après année, la Confédération planifie des recettes trop faibles et des dépenses trop élevées. Cela conduit à des budgets d'austérité qui ont pour conséquence des coupes dans des dépenses pourtant essentielles comme la formation, les mesures de protection du climat, les transports publics et l'aide publique au développement. Cela a été malheureusement démontré lors du vote sur le budget 2025. [PAGE 790] Ces comptes annuels montrent clairement que le programme d'économie concocté par la présidente de la Confédération et son groupe d'experts repose sur des affirmations erronées. Nous discuterons cet automne de ce programme, élégamment nommé programme d'allègement budgétaire alors qu'il s'agit d'un programme d'austérité injustifié qui consistera à couper dans les subsides à l'assurance-maladie et à réduire la contribution fédérale à l'AVS pour ne citer que ces exemples. Il s'agit aussi de rogner dans la formation continue des adultes alors que l'illettrisme augmente dans notre pays, pour citer encore cet exemple. Dans ce dernier cas, il s'agit d'une économie qui est très modeste au regard du budget de la Confédération, mais qui peut avoir de graves conséquences pour la population.
Il est à noter que tant les cantons qu'une majorité de la population sont défavorables à ce programme d'allègement. Dans le même temps, on n'hésite pas à investir des milliards pour l'armée avec des projets qui ont montré qu'ils n'étaient pas correctement gérés. Si le résultat des comptes 2024 est en soi positif, le Conseil fédéral continue d'affirmer que la maison brûle et qu'il faut serrer les cordons de la bourse. Le mantra officiel est : la Suisse n'a pas de problème de recettes, mais un problème de dépenses. Cela devient la devise du Département fédéral des finances relayée par la droite de ce Parlement. Il faut donc économiser. La rhétorique est bien huilée, puisque l'on ne parle pas de "coupes", mais de "diminution de la progression des subventions et des investissements". Au bout du compte, c'est bien le pouvoir d'achat de la population qui est attaqué, alors que les loyers sont toujours aussi élevés et que les primes d'assurance-maladie augmentent d'année en année. Le Conseil fédéral préfère affecter les excédents directement au remboursement de la dette, alors que celle-ci est en baisse et alors que la Suisse, je vous le rappelle, est l'un des pays les moins endettés de l'OCDE, l'Organisation de coopération et de développement économiques. Cette vision à court terme et ce blocage idéologique sur la dette empêchent notre pays d'investir dans l'avenir. La Suisse doit pouvoir conserver son statut d'excellence dans la formation et la recherche. Elle doit combattre le réchauffement climatique et, malheureusement, la sinistre catastrophe de Blatten montre la fragilité de nos glaciers. La Suisse doit préserver l'AVS, notre principale assurance sociale. Elle doit renforcer son engagement pour lutter contre les violences domestiques et les violences faites aux femmes.
Le groupe socialiste demande que le Conseil fédéral présente enfin des prévisions financières réalistes, renonce aux coupes dans les domaines cruciaux comme la protection du climat, l'égalité et le pouvoir d'achat, et remette la Suisse sur les rails de la solidarité. Elle en a les moyens et, en définitive, nous accepterons les comptes comme nous l'avons fait en commission.