Bühler Manfred · Nationalrat · 2025-06-12
Bühler Manfred · Nationalrat · Bern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2025-06-12
Wortprotokoll
Le 24 février 1931, une petite graine a été plantée. Cette date correspond à la fondation de la SSR, notre Société suisse de radiodiffusion dont il est question aujourd'hui. La télévision a été ajoutée formellement en 1958 lorsque la concession correspondante est entrée en vigueur. Depuis sa fondation, la SSR a grandi. Non sans crises, comme en 1949, lorsqu'un directeur de studio radio, Emil Notz, a dû démissionner après que des membres du Parti communiste avaient été engagés à la SSR. Comme quoi, les penchants que d'aucuns reprochent à la SSR ne datent pas d'hier.
Aujourd'hui, la graine plantée en 1931 est devenue un arbre. Un grand arbre. Un très, très grand arbre. En vérité, un trop grand arbre. La taille de la SSR est définie par deux éléments principaux : le montant d'argent dont elle dispose et le contenu de la concession qui lui est octroyée par le Conseil fédéral en application de la loi sur la radio et la télévision (LRTV).
Le budget total de la SSR est de plus de 1500 millions de francs actuellement, dont 1200 millions de produit de la redevance - vous connaissez ces chiffres. L'éternel débat est de savoir si c'est la concession qui doit dicter les moyens nécessaires ou si les moyens disponibles doivent piloter la taille de l'offre de la SSR. Les opposants éternels à toute réforme de la SSR claironnent sans cesse qu'on ne peut pas réduire les moyens financiers, car la concession doit être remplie. Ce n'est qu'une échappatoire bon marché pour ne jamais se poser les bonnes questions.
Pourtant, la question est simple, la bonne question[NB]: "Qu'est-ce qui relève du service public et qu'est-ce qui n'en relève pas[NB]?" Si l'on considère la concession, je vois plusieurs points[NB]qui[NB]n'ont[NB]plus rien à faire dans le service public. Dans le domaine du sport, notamment, le privé peut parfaitement prendre le relais dans beaucoup de domaines. Il n'existe plus aucune raison de dépenser des dizaines ou des centaines de millions pour acheter les droits de grands événements sportifs qui ne font qu'engraisser des organisations mondialisées qui nagent littéralement dans l'argent. Dans le domaine du divertissement aussi, les offres privées sont légion, et chacune et chacun peut trouver son bonheur librement sur un marché aussi riche que jamais. Aucune raison, ici aussi, de dépenser des sommes folles pour produire du divertissement en imposant à tout le monde de le payer.
Du reste, il faut se remémorer le contenu de la concession. Je cite ici l'article 9 alinéa 2 en matière de divertissement : l'offre de la SSR - sous-entendu la production culturelle - "se caractérise par une plus grande prise de risque sur le plan de la création et de l'innovation". En clair, la SSR produit des contenus qui n'intéressent personne ou presque. On peut donc encore mentionner l'article 14 de la concession, qui enjoint la SSR à tenir compte des personnes issues de la migration et à transmettre des contenus contribuant à leur intégration. Or, l'intégration des personnes étrangères est leur devoir personnel et en aucun cas une tâche de l'État, et encore moins d'un média public financé par une redevance obligatoire. Ces quelques exemples montrent à quel point les activités de la SSR sont devenues touffues.
L'arbre SSR est devenu si imposant qu'il menace de s'effondrer sous son propre poids, de se casser au premier coup de vent ou tout simplement de dépérir. Oui, un arbre trop grand finit par dépérir et représente une menace. Que fait-on dans un tel cas ? On prend ses responsabilités et on procède à un élagage. Comment fait-on pour élaguer un arbre ? On réfléchit, on observe, on analyse et on identifie les branches trop grandes, dépérissantes ou inutiles, et on les coupe. Un grand soin doit être apporté aux branches charpentières ou maîtresses. Si un élagage est effectué avec soin, l'arbre sera, certes, transitoirement de taille réduite, mais il[NB]retrouvera[NB]une[NB]nouvelle[NB]vigueur et repartira de plus belle pour se consolider. Il est temps pour la SSR de procéder à cet élagage.
Comme strictement aucune des promesses de réforme faites lors de la campagne "No Billag" n'a été tenue, il faut contraindre le management par le seul moyen qui fonctionne[NB]: le budget. Jamais la SSR n'a fait de vraies économies. Les jérémiades permanentes de la direction ne sont plus supportables. Un seul chiffre[NB]: les frais de personnel - Mesdames et Messieurs, écoutez bien[NB]! - sont passés de 666 millions de francs en 2016 à 794 millions en 2023. Plus de 130 millions supplémentaires en seulement sept ans. Et on veut nous faire croire que le service public serait menacé par une réduction de la redevance. C'est une plaisanterie[NB]!
Alors, oui, il faudra faire des choix lorsque la redevance baissera. Mais en faisant les bons, le coeur du service public sera préservé. Les branches maîtresses de la SSR, dont l'information, le débat politique et la formation, seront préservées. Ces domaines sont essentiels pour notre démocratie directe, j'en conviens bien évidemment et nous sommes tous d'accord. Ils peuvent très largement être financés, dans toutes les langues nationales, avec une redevance à 200 francs. Toutes les menaces agitées par les personnes qui ne veulent rien changer ne sont que du vent. Prenons donc notre courage à deux mains ! Donnons une chance historique à la SSR de se concentrer sur l'essentiel !
Merci de soutenir cette initiative.