Weber Céline · Nationalrat · 2025-06-18
Weber Céline · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2025-06-18
Wortprotokoll
Les nouveaux droits de douane que les États-Unis ont voulu imposer à la Suisse et à de nombreux autres partenaires commerciaux nous ont toutes et tous pris au dépourvu. La politique commerciale états-unienne actuelle s'inscrit dans une tendance vers plus de protectionnisme, un affaiblissement du multilatéralisme et une fragmentation de l'économie mondiale. Or, une guerre commerciale, qu'on se le dise, n'a jamais enrichi une population. Une guerre commerciale n'a jamais augmenté le pouvoir d'achat des gens ; au contraire, elle le diminue. Si les États-Unis sont déjà un peu revenus en arrière, rien ne garantit qu'ils vont pérenniser ce retour en arrière. Cela représente un grand défi pour une économie ouverte et tournée vers les exportations, comme l'est l'économie de la Suisse.
À la lumière de ces récentes évolutions, d'aucuns en appellent au Conseil fédéral pour trouver des solutions, mais il conviendra d'être attentifs à ne pas jouer la facilité au détriment de la stabilité du système économique suisse dans son entièreté. Certains souhaitent par exemple la mise en place d'une politique industrielle, par le biais de subventions, pour aider nos entreprises. Si une telle politique peut sembler sympathique à première vue, les vert'libéraux l'ont toujours combattue. Comment expliquer en effet aux verriers en Suisse, par exemple, que la Confédération ne les a pas soutenus à la suite de la fermeture de Vetropack, alors que, peu après, une majorité du Parlement a accepté la "Lex Gerlafingen" pour venir en aide aux aciéries[NB]? Les verreries seraient-elles moins importantes que les aciéries[NB]? Qui payera ces subventions[NB]? Non, le subventionnement des entreprises n'est pas une solution juste et pérenne, c'est du protectionnisme sectoriel, qui se fait au détriment de nombreux autres secteurs de notre propre économie.
La seule véritable politique industrielle que nous devons mener et qui profite à tous sans faire de favoritisme et sans peser sur le porte-monnaie du contribuable, c'est l'amélioration constante des conditions-cadres pour nos entreprises. Il faut cesser de vouloir augmenter continuellement le coût du travail ou encore la charge liée à la bureaucratie. Que ce soit nos agriculteurs, nos PME ou nos indépendants, toutes et tous souffrent du même mal : un mal appelé bureaucratie et pour lequel ils ne sont pas responsables. Rien que pour nos PME, la bureaucratie leur a coûté plus de 6 milliards de[NB]francs[NB]par[NB]an[NB]ces dernières années. Ce chiffre ne comprend ni les agriculteurs, ni les indépendants, ni les médecins[NB]; 6[NB]milliards par an, c'est trop. Les politiques qui mènent à tant de bureaucratie ne sont pas gages d'une politique efficace et durable.
La Suisse doit également activement poursuivre ses efforts en vue de la conclusion des accords bilatéraux avec l'Union européenne. Nous partageons, avec l'Union européenne, non seulement un même continent, mais aussi des valeurs identiques, un tissu économique et des objectifs de sécurité qui sont, par la force des choses, intimement liés. Grâce à la conclusion des accords bilatéraux, la Suisse pourra consolider sa position dans le commerce international, garantir ses accès au marché, permettre aux entreprises de planifier leurs activités de manière sûre et défendre ses intérêts de manière conséquente. Il est plus que temps de conclure ces accords bilatéraux et de voir enfin le bout du tunnel.
Enfin, les développements actuels doivent aussi être l'occasion pour la Suisse de développer toujours plus son réseau d'accords de libre-échange avec d'autres partenaires commerciaux et de diversifier ainsi davantage ses relations commerciales. Le monde bouge, il change, et la Suisse ne peut pas rester statique. Elle doit au contraire bouger avec le monde, mais elle doit le faire toujours dans son intérêt, l'intérêt des acteurs économiques de notre pays et l'intérêt de nos concitoyennes et concitoyens. En poursuivant une politique active de conclusion d'accords de libre-échange, nous évitons de mettre tous nos oeufs dans le même panier. En outre, cela nous permet également de mener des dialogues avec un nombre maximum de pays possible, ce qui constitue toujours un avantage diplomatique important par temps de crise.
En conclusion, si les nouveaux droits de douane que l'administration états-unienne a voulu imposer au monde ont bel et bien secoué le monde et la Suisse, ils ne nous ont pas anéantis. Il s'agit à présent d'utiliser toutes les possibilités d'action dont nous disposons, à savoir : premièrement, de bonnes conditions-cadres pour nos PME et l'économie en général pour le volet suisse ; deuxièmement, la conclusion des accords bilatéraux pour le volet européen ; troisièmement, la conclusion d'accords de libre-échange pour le volet mondial. Ainsi, nous pourrons sortir renforcés de cette crise, tant sur le plan économique que diplomatique, tout en restant fidèles à nos valeurs.