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Gapany Johanna · Ständerat · 2025-06-18

Gapany Johanna · Ständerat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion · 2025-06-18

Wortprotokoll

Un pays, c'est une connexion sociale, géographique, économique et culturelle. Parfois, dans les situations les plus malheureuses, un pays peut continuer d'exister justement parce qu'il a cette capacité à se défendre et à s'organiser. Cette préoccupation, je l'ai en tant que citoyenne, en tant qu'élue aussi, et en tant que membre du comité d'initiative pour le service citoyen. Alors pourquoi cette initiative survient-elle aujourd'hui en particulier ? C'est parce que, dans notre pays, une personne sur trois effectue un service, principalement des hommes. Souvent, ce n'est pas par manque d'envie ; on le voit quand on questionne les jeunes. C'est aussi parce qu'on trouve souvent davantage d'excuses pour ne pas le faire que pour le faire. C'est un peu ce qu'a fait la commission en charge de traiter cette initiative pour éviter de travailler sur un contre-projet. Enfin, c'est aussi parce que le contexte international, les tensions sociales, les catastrophes naturelles et les risques de pénurie d'approvisionnement nous rappellent qu'on n'est pas épargnés et que nous aussi, on doit être capables de s'organiser, de se mobiliser et de faire face à toutes sortes de menaces.

Alors, pourquoi proposer le service citoyen plutôt qu'une simple réforme de notre obligation de servir ou une simple intégration des femmes dans l'armée, comme cela a été proposé jusqu'à présent par le Conseil fédéral ? Permettez-moi de voir cette initiative comme une opportunité. Je regrette l'absence d'un contre-projet, parce que cela laisse penser [PAGE 654] que tout va bien, alors qu'on a des pas à faire en avant. Même si on ne va pas autant loin que cela est proposé par l'initiative, cela aura permis un véritable débat, déjà dans ce Parlement, mais aussi lorsqu'on aura à expliquer le projet à la population. Cette initiative est une opportunité de réformer l'obligation de servir et d'impliquer toute la population sans toucher à l'effectif réglementaire des services d'intervention, notamment de l'armée et de la protection civile. C'est l'opportunité d'impliquer toute la population indépendamment des compétences. On donne l'occasion à toutes et à tous de contribuer une fois activement au bien commun, de renforcer la sécurité, la cohésion et la résilience de notre pays. Permettez-moi aussi de voir cette initiative comme une opportunité pour notre Parlement de proposer un vrai concept qui motive la population, un concept qui est d'ailleurs soutenu par la population - comme le porte-parole de la minorité l'a dit, plus de 66 pour cent de la population est favorable à ce type de service. Aussi, à l'heure où on augmente les moyens pour l'armée et à l'heure où on parle beaucoup d'armement, d'industrie d'armement, on n'a pas demandé l'avis de la population, on n'a pas fait un véritable débat là-dessus. On aurait eu l'opportunité de lui proposer un véritable projet qui la touche, qui la concerne et qui permet de renforcer la sécurité de notre pays.

Alors, malgré l'absence de contre-projet, j'espère vous voir saisir cette opportunité, suivre la minorité de la commission et soutenir cette initiative.