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Ruey Claude · Nationalrat · 2003-09-16

Ruey Claude · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 2003-09-16

Wortprotokoll

Le groupe libéral soutiendra le crédit-cadre dans son intégralité, car comme vous le savez, il a toujours soutenu la position du Conseil fédéral selon laquelle nous devons atteindre 0,4 pour cent du PIB en 2010. Ces visées doivent être maintenues malgré les difficultés financières dont M. Mörgeli vient de parler. Je rappelle d'ailleurs que ce but de 0,4 pour cent n'est pas exorbitant. On sait que d'autres pays, comme la Norvège par exemple, accordent à l'aide au développement un pourcentage beaucoup plus élevé de leur PIB. En effet, lorsqu'on a des difficultés financières, il faut faire des économies - et le groupe libéral fait des économies! -, mais il ne faut pas les faire de manière linéaire, sans choix de priorités.

En l'occurrence, l'aide au développement fait partie des priorités dans lesquelles on ne doit pas sabrer - si vous me passez l'expression - pour plusieurs raisons. D'abord pour des raisons éthiques: nous sommes un des pays les plus prospères du monde; dès lors, nous sommes un pays qui doit aussi faire bénéficier de cette prospérité des pays qui n'ont pas cette chance, qui n'ont pas cette richesse. Nous ne connaissons pas la guerre, nous n'accomplissons aucun effort de police internationale à quelques exceptions près, nous ne sommes pas un Etat intervenant dans ces domaines-là, nous avons donc aussi un devoir supplémentaire de solidarité à l'égard des pays pauvres et des autres pays riches qui, eux, font d'autres efforts dans d'autres secteurs.

Ensuite, s'il s'agit d'aider ces pays du tiers monde, il faut voir - certains orateurs l'ont déjà dit, M. Rennwald, sauf erreur, l'a dit dans son rapport - que c'est dans notre intérêt à nous aussi, et notre intérêt bien compris. On sait que sur 1 franc d'aide versé à l'étranger, c'est entre 1.40 et 1.60 franc qui vient augmenter le PIB de notre pays. On sait aussi qu'à ce sujet sont concernés 13 000 à 18 000 emplois. On sait également que venir en aide aux pays en difficultés, dont on sait qu'ils sont souvent, en raison de leurs difficultés, en guerre civile, en proie à des troubles et parfois en guerre de voisinage, c'est aussi permettre d'assurer une meilleure sécurité dans ce monde - une meilleure sécurité qui nous concerne nous. Au lieu d'avoir des coûts indirects liés à cette insécurité, nous pouvons créer la sécurité dans ces pays et, par conséquent, en bénéficier nous-mêmes.

Enfin, ces pays se développant et pouvant se développer grâce à notre aide et à l'aide internationale, sont aussi des futurs agents économiques importants, qui seront nos partenaires et avec lesquels nous pourrons commercer, dans un commerce libre, comme le soulignait M. Mörgeli, mais avec une autre vision que la mienne.

A cet égard, j'aimerais relever un dernier aspect, c'est le problème de l'immigration. Et sur ce point, je souligne ce qui me paraît être un double jeu de l'UDC. On n'arrête pas de dire du côté de l'UDC qu'il y a trop d'immigration dans ce pays, que ces gens viennent chez nous non pas pour demander l'asile, mais parce qu'ils n'ont pas de travail, qu'ils viennent des pays pauvres, qu'il ne faut pas les recevoir parce qu'ils doivent rester chez eux et qu'il faut les aider chez eux. Et au même moment, on vient couper les crédits.

J'aimerais à cet égard rendre hommage à Mme Fehr Lisbeth qui, en commission, nous a dit qu'elle était "noch Fraktionsmitglied der SVP und möchte als solche in dieser Funktion auch noch die andere Sicht der SVP einbringen". Et Mme Fehr de rajouter: "Es ist wichtig, dass sich die Schweiz dazu bekennt, solidarisch auch mit den ärmsten Ländern zu sein." Et elle poursuivait, et c'est là que je vois la contradiction que je soulignais: "Wenn man schon weniger Migranten wünscht, muss man auch die nötigen Mittel für eine glaubwürdige Entwicklungshilfe bereitstellen. Dieser Zusammenhang besteht ganz offensichtlich."

C'était la raison pour laquelle Mme Fehr, et c'est une manière je crois solidaire et intelligente d'être cohérent par rapport au problème de l'immigration, a voté ce crédit comme nous, libéraux, le voterons. C'est une question de cohérence, et l'UDC cohérente, nous la comprenons, l'UDC incohérente et démagogique, nous la combattons.