Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · 2025-09-23
Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2025-09-23
Wortprotokoll
Bien sûr, la SSR doit rester forte et jouer un rôle majeur pour la cohésion nationale. On s'est toujours battus pour maintenir son [PAGE 1745] programme, sa capacité à rassembler, ses services nécessaires pour le pays. Néanmoins, on est aussi très attachés à l'équilibre médiatique sur l'ensemble du pays et aussi très inquiets de voir le paysage médiatique, en particulier en Suisse romande, s'éroder toujours plus. C'est la raison pour laquelle une partie du groupe des Verts soutiendra l'initiative parlementaire Bauer 22.407. Quant à l'initiative parlementaire Chassot, comme l'a dit M.[NB]Töngi, nous sommes unanimes à la soutenir.
Pourquoi l'initiative Bauer est-elle particulièrement cruciale pour la Suisse romande[NB]? Parce que notre paysage médiatique est beaucoup plus fragile que celui de la Suisse alémanique. Nous ne représentons que 23 pour cent de la population. Le marché en Suisse romande est petit, il est fragmenté. Il est aussi dominé par quelques acteurs et on est très dépendants de la RTS aussi, il faut le dire. Les médias locaux romands n'ont pas les mêmes bases financières pour survivre et la chute de la publicité les fragilise particulièrement. Chaque disparition de titre ou de radio régionale en Romandie entraîne donc souvent une perte immédiate et souvent irréversible de ce pluralisme auquel on tient. La Suisse[NB]alémanique[NB]peut[NB]plus facilement absorber la disparition d'un acteur ou d'une actrice - même si, bien sûr, ce n'est pas souhaitable - grâce, tout simplement, à la densité de son paysage médiatique. La Romandie, elle, n'a pas cette marge de manoeuvre.
Alors oui, nous avons déjà apporté un soutien aux radios et aux chaînes télévisées privées. La SSR est sous pression, on le sait, évidemment, et on se bat pour lui donner plus de soutien - c'est indispensable. Tout cela est juste, mais nous devons nous donner les moyens aujourd'hui d'apporter les soutiens là où le besoin existe, c'est-à-dire tant à la SSR, pour un service public fort, qu'aux médias privés, aussi. Il faut éviter ici un déséquilibre démocratique entre les régions linguistiques. Il est essentiel de renforcer nos médias de proximité, tout en défendant un service public fort, indispensable au maintien en bonne santé de notre démocratie.