Fivaz Fabien · Ständerat · 2025-09-24
Fivaz Fabien · Ständerat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2025-09-24
Wortprotokoll
J'hésitais à intervenir, mais après avoir entendu M.[NB]Juillard, j'ai envie de répondre. L'analyse a été faite dans le canton de Neuchâtel. Aujourd'hui, 350 personnes en moyenne chaque année font du service civil[NB]; 35[NB]000 jours de service sont effectués par ces personnes, avant tout dans des EMS et dans des institutions sociales. Dans un récent article, la question était posée de savoir ce qu'apportent ces personnes dans ces institutions. C'est assez intéressant, parce que la personne qui répondait parlait de "bouffée d'oxygène" pour les résidentes et les résidents des EMS, parce que les civilistes, justement, ne font pas les tâches du personnel qualifié dans ces institutions, mais font des tâches annexes, qui sont importantes et qui apportent, je pense, un bénéfice pour les personnes dans ces institutions.
Je regrette un peu qu'on oppose aujourd'hui armée et service civil, en disant simplement que lorsqu'on diminue les effectifs du service civil, on améliore ceux de l'armée. C'est totalement faux. Ce sont deux services qui sont totalement complémentaires. On l'a vu, cela a été dit par Mme Roth, lorsque [PAGE 1018] la crise du COVID-19 est apparue. Les personnes du service sanitaire de l'armée ont dû être formées, alors que les milliers de personnes qui étaient déjà dans les EMS, dans les hôpitaux, dans les institutions sociales, étaient immédiatement capables de faire leur travail. On a fait exactement la même chose au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie où, face à l'afflux extrêmement important de migrantes et migrants provenant de l'Ukraine, on a réussi en quelques jours, et c'est là que la force du service civil existe aussi, à mettre sur pied des affectations qui ont permis à des jeunes Suisses de participer eux aussi et, à travers le service civil, de rendre un service à la population. Je regrette qu'on oppose systématiquement l'un et l'autre, parce qu'à mon avis ils sont complémentaires.
J'ajoute une chose[NB]; on parle souvent des effectifs de la protection civile, mais les départs de l'armée vers le service civil ne mettent pas en péril les effectifs de la protection civile. Aujourd'hui, l'armée a augmenté massivement l'accès pour les jeunes, qui est passé de 65 pour cent de personnes qui sont recrutées dans l'armée à plus de 70 pour cent. Cette différence manque dans la protection civile.
Ce qu'on pourrait encore dire, et c'est mon dernier argument, est ceci[NB]: on pourrait se demander si, vu que le Conseil fédéral prévoit de toute façon, dans 2 ou 3 ans, une réforme complète du service qu'on va appeler "pour la sécurité" en fusionnant service civil et protection civile, vous voulez vraiment, à travers ce que vous qualifiez de "réformette" et que je qualifie de danger pour le service civil, faire une modification de la loi qui va durer 2 ou 3 ans, alors que l'on sait qu'on va de toute façon revenir avec une nouvelle proposition. C'est ce qu'on fait depuis la création du service civil. En 1992, 80 pour cent de la population, tous les cantons, ont accepté l'inscription dans la Constitution d'un service civil. Depuis, tous les 2 à 3 ans, le Parlement modifie les règles dans un sens ou dans un autre. Un peu de stabilité, je pense, ne ferait pas de mal.
Je vous remercie de rejeter ce projet.