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Chollet Clarence · Nationalrat · 2025-09-24

Chollet Clarence · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2025-09-24

Wortprotokoll

Nous examinons aujourd'hui une initiative du canton de Vaud, déposée il y a déjà douze ans, qui vise à ouvrir le service civil aux femmes sur une base volontaire. Douze ans[NB]! Cela paraît une éternité pour traiter une proposition issue d'un processus démocratique, alors que les attaques contre le service civil trouvent, elles, un chemin bien plus rapide.

Pourquoi cette ouverture du service civil aux femmes est-elle utile et pertinente[NB]? Parce que la situation est aujourd'hui incohérente. Une femme qui s'engage volontairement dans l'armée peut, si elle développe une objection de conscience, être transférée au service civil. En revanche, elle n'a pas le droit d'y accéder directement. Un jeune homme, lui, peut entrer au service civil sans passer par l'armée. C'est une inégalité évidente et injustifiée. Ouvrir le service civil aux femmes, c'est simplement garantir une égalité de traitement.

Au-delà de la question de l'égalité, il faut rappeler l'importance du service civil dans notre société. Malgré les attaques qu'il subit au Parlement, il joue un rôle central dans des domaines aussi essentiels que la santé, le soutien aux personnes âgées, l'éducation, l'agriculture de montagne ou encore la protection de l'environnement. Les besoins de notre société dans ces domaines ne vont pas diminuer. Avec le vieillissement de la population, la crise écologique et les nouveaux enjeux sociaux auxquels nous faisons face, nous aurons au contraire besoin de davantage de bras et d'engagement. Refuser à des femmes motivées de contribuer directement à ces missions est un non-sens.

Ouvrir le service civil aux femmes ne crée pas d'obligations supplémentaires. Il ne s'agit pas d'imposer, mais de permettre. C'est un droit en plus et non un devoir en plus. C'est offrir aux jeunes femmes une opportunité de s'engager, de vivre une expérience enrichissante, de développer des compétences sociales, professionnelles et linguistiques dont elles tireront profit tout au long de leur parcours. Le fait que les femmes et les hommes s'engagent ensemble dans cette tâche citoyenne renforcerait non seulement leur solidarité mutuelle, mais aussi les liens avec les milieux professionnels qu'ils côtoient.

Un tel engagement contribuerait ainsi directement à la cohésion sociale de notre pays. Les pays autour de nous nous montrent la voie. En Italie, un service civil national volontaire a été instauré en 2001, ouvert aux femmes et aux personnes non aptes au service militaire. En Allemagne, le volontariat social ou écologique attire depuis des décennies de très nombreux jeunes adultes. Partout, l'intérêt est grand et les institutions bénéficiaires témoignent de l'utilité de ces engagements. La Suisse, qui valorise tant le bénévolat et l'engagement citoyen, ne doit pas rester à la traîne.

Enfin, soulignons que les besoins en main-d'oeuvre dans le service civil sont aujourd'hui réels. Les institutions d'accueil, hôpitaux, EMS, écoles, exploitations agricoles, organismes environnementaux tirent la sonnette d'alarme. Ces institutions ont besoin de chaque personne motivée. Pourquoi fermer la porte aux femmes[NB]? Aujourd'hui même, les conditions d'accès au service civil ont été restreintes pour les hommes. Cette décision entraînera une baisse de 40 pour cent des admissions.

Dans ce contexte, donner suite à cette initiative enverrait un signal fort, cohérent et positif aux institutions qui ont besoin de soutien. Ne les en privons pas. En soutenant cette initiative, nous envoyons un message clair[NB]: l'engagement citoyen volontaire doit être encouragé, reconnu et accessible à toutes et tous. Il ne s'agit pas d'imposer une obligation générale, mais bien de renforcer l'égalité, la cohésion sociale et l'apport concret du service civil à notre société.

C'est pourquoi je vous invite à suivre la minorité et à donner suite à cette initiative déposée par un canton.