Crevoisier Crelier Mathilde · Ständerat · 2025-09-25
Crevoisier Crelier Mathilde · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-09-25
Wortprotokoll
Il faut tout de même qu'il y ait une voix dissonante dans le concert d'approbations de ces deux motions. Alors, permettez-moi simplement de rappeler quelques éléments de fait.
Tout d'abord, nous avons adopté la révision de la loi sur la chasse qui assouplissait considérablement les possibilités de régulation pour le loup. Nous avons ensuite accepté une motion de la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie de notre conseil, qui faisait suite à la motion Regazzi 22.3478 demandant des zones "zéro loup". Notre motion visait le déclassement du loup de l'annexe 2 à l'annexe 3 de la Convention de Berne et elle a été largement acceptée. Nous avons également accepté la motion Regazzi 22.3477 qui visait moins de bureaucratie et plus d'efficacité dans la régulation du loup. Je vous fait remarquer au passage que la multiplication des motions sur le loup crée aussi une importante bureaucratie dans l'administration fédérale, qui je suis certaine elle apprécierait qu'elle diminue elle aussi.
Nous avons ensuite accepté, en mars de cette année, la motion Engler 24.4469 sur la protection des troupeaux, que j'ai évidemment soutenue, car c'est bien là l'axe qu'il faut absolument renforcer dans la résolution du problème qui oppose le loup aux éleveurs et éleveuses. Je rappelle ici que ce sont les mesures de protection des troupeaux, que ce soient des enclos ou des chiens, qui se révèlent les plus efficaces et qui ont déjà permis, ces dernières années, d'améliorer la protection des troupeaux d'ovins, et de faire baisser les déprédations causées par le loup.
Et puis, la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie du Conseil national a également déposé un postulat intitulé "Évaluation de la [PAGE 1061] loi[NB]sur[NB]la[NB]chasse[NB]et du tir de défense en tant que mesure complémentaire possible", que le Conseil fédéral propose d'accepter.
Par conséquent, nous avons multiplié les actions, et je pense que la population est convaincue de la volonté de ce Parlement de protéger les éleveurs et les éleveuses. Or, il faut quand même raison garder. Il faut nous laisser du temps, quelques saisons de chasse, pour évaluer l'effet de ces mesures, notamment sur la protection des troupeaux. On ne peut pas multiplier avec frénésie les interventions sans laisser le temps à la législation que nous avons adoptée de produire ses effets et sans mesurer l'évolution de[NB]la[NB]régulation[NB]préventive.[NB]En effet, un grand nombre de loups, environ une centaine, ont été tirés l'année dernière, et il faut voir quels effets cela aura sur les effectifs et sur les prédations.
Surtout, il faut laisser les cantons s'adapter à cette législation, parce que, cela n'a pas été dit, mais les services de l'environnement et de la faune sont suroccupés par ces demandes de tir du loup, parce qu'ils n'ont parfois pas tout à fait les ressources nécessaires. En effet, ce n'est pas si facile d'aller tirer un loup[NB]; cela demande du monde et/ou des compétences, et on sait qu'il y a eu pas mal de "Kinderkrankheiten", des maladies de jeunesse, avec notamment le tir de lynx à la place de loups. Il y a également des loups qui ont été tirés en tant qu'individus isolés, alors qu'en réalité, ils appartenaient à une meute. On voit donc qu'il y a aussi, dans les cantons, besoin d'avoir du temps pour s'adapter aux mesures législatives qui ont déjà été adoptées et pour corriger les erreurs de jeunesse, plutôt que de devoir toujours subir de nouvelles règles au niveau fédéral.
Sur les districts francs, je dirai simplement qu'il n'y a pas que le loup qui est protégé. Il y a également toute une série d'animaux, toute une faune qui est très, très gravement menacée, comme le grand tétras ou le lagopède. Si on autorise la chasse dans ces districts, il est évident que cela va porter préjudice aux autres espèces protégées dont je crois que personne ne remet en cause l'existence. Par ailleurs, il faut savoir que, dans les districts francs, il y a une population importante de cervidés, et l'on sait les dégâts qu'ils peuvent causer aux forêts. Ici, le loup exerce une fonction régulatrice, qui est également appréciée et qui évite de devoir procéder à des régulations humaines de la population de cerfs lorsqu'elle porte trop préjudice aux forêts.
Et enfin, quelques mots sur la motion Broulis 25.3549, par rapport aux meutes. Il faut quand même avoir conscience du fait que la protection des animaux durant la période de reproduction, donc au printemps - et, encore une fois, on parle de quatre mois, soit de février à fin mai - est la base du droit de la protection des animaux. Ce n'est pas que l'on veut les surprotéger ou pour une autre raison[NB]; c'est la base du droit de la protection des animaux, et cela permet simplement le renouvellement des espèces. Si on consent à tirer le loup y compris pendant cette période, même s'il appartient à une meute, on va aboutir à la situation ubuesque où le loup, qui est une espèce protégée, sera moins protégé que les espèces pouvant être chassées qui, elles, ne le sont pas.
Enfin, peut-être, un dernier rappel. On a tout de suite été alerté, lorsqu'il a été question de tirs de régulation proactifs, sur le risque d'éclatement des meutes. De toute évidence, si l'on tue l'individu qui nourrit la meute, notamment pendant la période de reproduction, celle-ci devra ensuite probablement se déplacer ou va éclater. Il n'est pas exclu que, si le loup est arrivé dans des zones où il n'était pas attendu - en l'occurrence, dans le canton de Vaud -, cela soit aussi dû à l'effet des tirs de régulation qui ont dérangé et qui ont fait éclater les meutes.
Vous l'avez compris, je vous invite à rejeter ces deux motions.
Ich habe keine Zweifel daran, dass die Motionen trotzdem angenommen werden, und in diesem Sinn wünsche ich dem Bundesrat für deren Umsetzung "in bocca al lupo"!