Andrey Gerhard · Nationalrat · 2025-12-04
Andrey Gerhard · Nationalrat · Freiburg · Grüne Fraktion · 2025-12-04
Wortprotokoll
Le groupe des Verts ne pourra pas accepter ce budget dans l'état proposé. Cette année à nouveau, le Parlement impose des coûts douloureux au personnel de la Confédération et à la coopération internationale. Bien sûr, les dépenses de l'armée sont à nouveau augmentées. Il est un peu étrange pour nous, les Verts, le plus grand parti d'opposition sans siège au Conseil fédéral, de soutenir dans de nombreux domaines la position du gouvernement. Ce que le Conseil fédéral propose n'est certes pas idéal, mais c'est souvent encore mieux que ce que la commission du Conseil national nous présente aujourd'hui.
La majorité de la commission suit malheureusement l'idée qu'il faudrait continuer à serrer la vis à l'administration. Nous sommes particulièrement inquiets du peu de reconnaissance témoignée au personnel fédéral. On oublie tout ce qui a déjà été décidé ces deux dernières années[NB]: d'abord une réduction transversale de 2 pour cent, puis encore de 1,4 pour cent. Il faut également rappeler que le Parlement a encore imposé, il y a un an, 110 millions de francs de coupes supplémentaires dans le domaine propre, dont 60 millions directement sur le personnel. Ces décisions ont déjà des conséquences visibles[NB]: des conditions d'engagement détériorées, des unités supprimées, moins de possibilités de formation continue, etc. Tout cela montre que les collaboratrices et collaborateurs de la Confédération paient déjà un prix élevé.
Le groupe des Verts dira également clairement non aux nouvelles coupes prévues dans la coopération internationale ou le développement et dans les contributions aux organisations multilatérales. Ces coupes vont même au-delà des propositions du Conseil fédéral. Pourtant, la Suisse aurait besoin aujourd'hui d'un engagement plus fort. Le fait que des régimes autoritaires se moquent de l'aide humanitaire ne doit pas nous pousser à faire de même. Au contraire, notre tradition humanitaire exige que nous restions présents, en particulier dans des régions en crise. Si nous nous retirons, ces crises finiront par nous atteindre. Nous pourrons alors demander davantage de contrôle aux frontières, mais cela n'empêchera pas les personnes qui fuient la guerre, la violence ou leur exploitation de chercher refuge ici.
Durant nos débats en commission, nous avons aussi constaté qu'un argument est utilisé de manière très sélective, c'est celui qui affirme que la situation financière ne permet aucun développement. Cet argument disparaît soudain quand il s'agit de protéger les troupeaux ou de subventionner davantage le vin. Cependant, il revient lorsqu'il s'agit de la santé humaine, de la prévention des addictions, de lutte contre les maladies non transmissibles, de dépollution de l'eau potable ou de poursuivre des études essentielles sur l'impact de l'environnement sur notre santé. En résumé, nous trouvons des millions pour la santé des moutons, mais pas pour celle des personnes.
Il y a toutefois quelques lueurs d'espoir[NB]; je tiens à les souligner. L'Office fédéral de la cybersécurité obtient enfin davantage de moyens et, si le conseil suit sa commission, les trains de nuit bénéficieront d'un soutien et l'application dogmatique du frein à l'endettement sera quelque peu assouplie. Avec le transfert vers le fonds de compensation de l'assurance-chômage, la majorité de la droite semble avoir compris qu'il est plus judicieux d'investir dans l'avenir que de continuer à réduire une dette déjà très basse. Cela peut servir de base pour les négociations futures, notamment dans le cadre du programme d'austérité.