Crevoisier Crelier Mathilde · Ständerat · 2025-12-04
Crevoisier Crelier Mathilde · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-12-04
Wortprotokoll
Je vous invite pour ma part également, au nom de la commission, à entrer en matière sur cette modification de loi. Ces dernières années, et je dirais même ces deux dernières décennies, on a largement renforcé la formation professionnelle, et je m'en félicite. C'est une très bonne chose d'avoir abouti à un paysage de la formation qui permet de la perméabilité et qui offre des possibilités transversales pour les personnes qui font une formation professionnelle d'accéder également aux hautes écoles, mais également pour les personnes issues d'une formation académique d'accéder aux HES, moyennant un examen. On a parlé d'une brèche dans le système, mais cette brèche, nous l'avons déjà ouverte, et ce, dans l'autre sens, il n'y a pas si longtemps que cela, en 2024, quand nous avons donné suite à l'initiative 23.304 du canton de Saint-Gall, qui permet aux titulaires d'une maturité professionnelle d'accéder directement aux HEP sans examen. C'est un point que nous avions refusé plusieurs fois avant de donner, finalement, suite à cette initiative. Ce faisant, nous avons accepté le principe que nous pouvions entamer cette symétrie du paysage de la formation suisse qui avait été construite au cours de ces deux dernières décennies.
Quand on a voulu ouvrir cette brèche, en permettant avec une maturité professionnelle, d'accéder directement à une HEP, on a reconnu la valeur des compétences métiers, la valeur de l'expérience professionnelle, la valeur des connaissances du terrain qu'on peut apporter ensuite dans une formation académique. Maintenant, si on refuse d'entrer en matière sur cette révision de la loi sur l'encouragement et la coordination des hautes écoles, on refuse aux titulaires d'une maturité gymnasiale de pouvoir acquérir ces compétences de terrain que nous valorisons et dont nous avons reconnu le bien-fondé pour une formation supérieure également.
Ainsi, à ce stade, ne pas entrer en matière sur ce projet, c'est plutôt une forme de "gatekeeping" pas très sain en faveur d'une certaine catégorie d'écoles supérieures. Or, ce n'est pas notre rôle en tant que législateurs et législatrices de ménager les intérêts d'une branche de la formation en particulier. Notre rôle, c'est de veiller à ce qu'il y ait suffisamment de personnes bien formées dans suffisamment de domaines, et ces filières d'études bachelor intégrant une partie pratique (Pibs), soit ce bachelor avec stage intégré, répondent exactement à cet objectif.
C'est pourquoi je vous invite vivement à entrer en matière.