Fivaz Fabien · Ständerat · 2025-12-08
Fivaz Fabien · Ständerat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2025-12-08
Wortprotokoll
Je remercie le Conseil fédéral pour ses réponses, même si elles ne me satisfont qu'en partie. La fibromyalgie est une maladie difficile. Les symptômes varient en intensité d'une personne à l'autre et d'un moment à l'autre. Elle touche pourtant une part non négligeable de la population, puisqu'entre 1 et 5 pour cent des habitants sont concernés, dont une majorité de femmes. Elle induit une dégradation générale de la qualité de vie des personnes atteintes, avec des douleurs chroniques, des troubles du sommeil, une fatigue importante ou encore des troubles de l'attention.
Ceci rend difficile de faire la distinction entre la maladie elle-même et les maladies associées. Or, selon les informations que j'ai pu obtenir, et contrairement à l'avis du Conseil fédéral, c'est un des problèmes de la directive AI, qui stipule justement que la fibromyalgie elle-même doit être accompagnée d'une autre maladie pour être prise en charge[NB]; le fameux principe de comorbidité. Une directive dans ce sens, si j'ai bien compris, date de 2012. Elle a été confirmée par un arrêt du Tribunal fédéral qui stipule effectivement que "les troubles somatoformes douloureux ou leurs effets peuvent être surmontés par un effort de volonté raisonnablement exigible".
Dans ce contexte, vous comprenez qu'il est assez difficile d'obtenir une rente ou d'être soutenu de quelconque manière par l'assurance-invalidité. Il en va de même pour la prise en charge par les assurances-maladie. La maladie nécessite généralement une prise en charge qui intègre de nombreux traitements[NB]; de nombreuses thérapies différentes. Parmi ces traitements, certains ne sont pas pris en charge par l'assurance de base ou le sont de façon très limitée. Il en va exactement de même pour les thérapies, dont une partie est prise en charge, alors que l'autre ne l'est pas. Évidemment, dans une vision intégrée du traitement de cette maladie, c'est problématique. En gros, il faut espérer avoir une bonne ou une très bonne assurance complémentaire.
Pour ces deux problématiques, à mon avis, l'avis du Conseil fédéral n'est pas à la hauteur des enjeux. Les attentes des personnes atteintes pour une véritable reconnaissance de cette maladie sont très importantes. En 2022, l'OMS a retiré la fibromyalgie du groupe des maladies rhumatismales et l'a classée dans un nouveau groupe[NB]: les syndromes douloureux chroniques primaires. Cette nouvelle classification est en vigueur - je viens de le dire - depuis 2022. Elle en fait une maladie à part et une maladie un peu parmi d'autres. La France a revu son statut cette année. De la part des personnes touchées, il y a une volonté - il y a en tout cas une espérance - que la Suisse fasse de même.
Je vous remercie de prendre en compte ces problématiques.