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Chassot Isabelle · Ständerat · 2025-12-09

Chassot Isabelle · Ständerat · Freiburg · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2025-12-09

Wortprotokoll

Je n'avais pas l'intention d'intervenir ce matin, les principaux arguments étant sur la table, mais il m'est apparu qu'un "fact-checking" était nécessaire du point de vue romand. Je déclare mes intérêts[NB]: je suis administratrice de Radio Fribourg - Radio Freiburg, une des seules radios bilingues de ce pays. J'aimerais rétablir les faits sur trois éléments[NB]: la perte d'audience, un regard au-dessus de nos frontières et la réalité chiffrée d'une radio régionale.

Concernant le premier point, les pertes d'audience de la SSR se sont révélées massives, et surtout beaucoup plus élevées que celles qu'elle avait prévues. Ses projections se sont révélées inexactes de ce point de vue. En Suisse romande - je vais me concentrer sur cette région -, pour RTS La Première, la radio d'information générale, la perte d'audience a été de l'ordre de 19 pour cent. Pour Espace 2, la radio culturelle, la perte d'audience a été de 49 pour cent. Pour Couleur 3, la radio, entre guillemets pour les plus jeunes générations - elle a été créée quand j'avais presque 20 ans, donc je l'écoute aussi encore -, (Hilarité) la perte a été de plus de 46 pour cent. Lorsque l'affirmation de la SSR est que sa perte d'audience a été de 15 pour cent, elle inclut également les programmes exclusivement numériques[NB]; si l'on ne prend que les programmes par FM, ce sont en fait ces chiffres qui sont réels. Vous imaginez bien qu'un chiffre équivalent qui se reporterait sur les radios régionales, qui se financent en particulier par la publicité, se révélerait également extrêmement dommageable.

Concernant le deuxième point, lorsque l'on parle des auditeurs qui auraient basculé, et que l'on dit qu'ils n'ont pas basculé vers des radios FM étrangères, cela ne se révèle pas exact. Ce sont plus de 100[NB]000 auditeurs et auditrices qui ont basculé vers des radios FM étrangères. Au premier semestre 2025, les stations étrangères proches de la frontière ont en effet enregistré une hausse de plus de 100[NB]000 personnes, ce qui représente plus de 20 pour cent. En cas d'arrêt complet de la FM, ces chiffres exploseraient. Selon une étude de l'Office fédéral de la communication, 57 pour cent de la population suisse pourrait alors recevoir des stations FM[NB]étrangères[NB]de[NB]qualité suffisante, et dans les régions frontalières, comme en Suisse romande - et je mentionne aussi le Tessin -, ce taux atteindrait 100 pour cent.

Et si l'on jette un regard au-delà de nos frontières sur la question du principe général, la demande de prolongation de la FM s'inscrit dans la pratique européenne. Dans l'Union européenne, la quasi-totalité des États a fait le choix d'une coexistence durable entre la FM et le DAB plus, afin de protéger l'audience, le pluralisme, mais aussi - c'est important -, le financement des radios. En Italie, le régulateur et les acteurs du secteur se sont récemment prononcés pour le maintien parallèle de la FM, du DAB plus et de la diffusion IP, au moins pour la prochaine décennie. Aux Pays-Bas, les licences nationales FM ont été renouvelées jusqu'en 2035, en parallèle d'un déploiement pourtant déjà très avancé du DAB plus. En France, le DAB plus connaît un développement rapide, mais aucune date officielle d'extinction de la FM n'a été fixée à ce jour, le régulateur soulignant qu'il est encore trop tôt pour envisager une telle décision.

Prolonger la FM en Suisse ne signifie nullement renoncer au DAB plus - notre collègue Stark l'a dit -[NB]: il s'agit d'une [PAGE 1253] possibilité de maintenir la FM à côté du DAB plus, et pas du tout d'une obligation. Avec cela, nous pourrions aligner notre pays sur une trajectoire de transition progressive, comme celle adoptée dans d'autres pays. C'est exact, cela a été dit[NB]: le secteur radiophonique s'est prononcé en 2014 en faveur d'une migration commune vers le DAB plus. Les radios régionales restent entièrement engagées dans cet objectif, et j'aimerais le mentionner en particulier pour la radio pour laquelle je porte une responsabilité partielle en tant qu'administratrice.

Les projections erronées de la SSR et les chiffres réels nous ont fait vraiment douter, mais nous montrent aussi qu'une prolongation de la FM est à nouveau indispensable dans l'intérêt de la population, et pour éviter de lourds dommages économiques aux radios régionales. Celles-ci remplissent également un service public et ont besoin de notre soutien aujourd'hui. [GZ]

Je vous remercie donc de soutenir la motion.