Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · 2025-12-15
Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-12-15
Wortprotokoll
La première de mes propositions de minorité concerne les charges de fonctionnement du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Pour cette position, le Conseil des États a renoncé à couper encore dans les dépenses de fonctionnement de ce département. Au contraire, la majorité de notre commission persiste à vouloir réduire cette position budgétaire de 11 millions de francs. Il s'agit d'une posture purement idéologique, qui vise à diminuer les moyens à tout prix, sans parvenir à objectiver les raisons de telles économies. Pourtant, il a été expliqué que, ces dernières années, le département s'est efforcé de maîtriser les dépenses selon le principe "la transformation plutôt que l'expansion". Des efforts ont également été faits pour générer de nouvelles recettes. De plus, la somme budgétisée de 11 millions de francs n'est pas une vraie augmentation, mais s'explique en partie par le fait que des moyens cédés à d'autres départements ont été réintégrés au DFAE. Il faut aussi relever le fait que la Suisse va présider l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en 2026 et que cela engendrera quelques dépenses supplémentaires en matière de personnel.
Mais, comme le dit le proverbe, il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Il est facile de dire qu'une somme de 11 millions de francs ce n'est pas grand-chose en regard du budget de l'ensemble du département. Mais, à force de couper chaque année, on entrave la mise en oeuvre des projets et on déstabilise les équipes. Ainsi, on augmente de 70 millions de francs le budget de l'armée tout en réduisant allègrement celui de l'aide au développement selon le principe simpliste "Switzerland first", pour paraphraser un certain Donald Trump. Le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) mobilise déjà la plupart des moyens supplémentaires avec 272 postes en plus pour 2026. Mais on a taillé dans le même temps dans les effectifs du Département fédéral de l'intérieur (DFI), du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC) et maintenant du DFAE. Ce ne sont pas des décisions sensées et il faut rétablir un peu d'équilibre. C'est pour cela que je vous demande de soutenir cette minorité.
Ma deuxième proposition de minorité concerne la question des maladies transmissibles. Cette minorité propose d'en rester à la décision qui avait été prise précédemment par notre conseil, à savoir une augmentation modérée des moyens destinés à la prévention et à la lutte contre les maladies transmissibles. Le Conseil des États a décidé de biffer le montant de 250[NB]000 francs prévu et cette décision a malheureusement été acceptée par la majorité de notre commission lors de sa séance d'élimination des divergences.
Cette modeste augmentation devait être allouée au programme national Naps, "Stop au VIH, aux virus des hépatites B et C et aux infections sexuellement transmissibles", élaboré par l'Office fédéral de la santé publique et adopté par le Conseil fédéral en 2023. Il vise à renforcer la prévention, la détection et la prise en charge des infections sexuellement transmissibles en Suisse. Les objectifs de ce programme ne peuvent être atteints que si les ressources financières sont suffisantes. Ce programme national vise l'élimination des nouvelles transmissions du VIH ainsi que des virus de l'hépatite B et de l'hépatite C d'ici à 2030. Il vise aussi à améliorer la santé sexuelle de la population suisse en général. Réduire les dépenses en matière de prévention est totalement contreproductif et menace les progrès déjà accomplis. À moyen et long terme, cela entraînera des coûts supplémentaires pour le système de santé. Les programmes de prévention tels que le Naps doivent donc être dotés de ressources financières suffisantes.
Il faut rappeler que, dans le programme des maladies sexuellement transmissibles, des progrès significatifs ont été réalisés, notamment dans le cadre de la prévention du VIH/sida. Il s'agit de renforcer et d'adapter les mesures afin de toucher de manière adéquate les différents groupes cibles. Les questions liées à la sexualité sont toujours sensibles et ne se prêtent pas à des actions de prévention simplifiées ou ponctuelles. Dès lors, un engagement renforcé et durable en matière de prévention est indispensable. Mais si l'on ne donne pas les moyens adéquats, au demeurant très modestes, les objectifs fixés risquent de ne pas être atteints.
On observe que, bien souvent, dans les débats, on veut mettre en avant la prévention qui permet d'éviter des maladies. Mais quand il s'agit de donner les moyens, on trouve des arguments pour réaliser des pseudo-économies.
Pour toutes ces considérations, je vous propose aussi de soutenir cette minorité.