Freymond Sylvain · Nationalrat · 2025-12-17
Freymond Sylvain · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2025-12-17
Wortprotokoll
Derrière un titre séduisant, cette initiative cache en réalité une vision idéologique extrême et déconnectée de la réalité de notre pays.
Commençons par le monde agricole. Nos agriculteurs ont déjà fait d'énormes efforts ces dernières années[NB]: réduction massive des antibiotiques utilisés dans l'élevage, normes environnementales parmi les plus strictes au monde, baisse de la fertilisation, utilisation réduite des produits phytosanitaires, exigences élevées en matière de bien-être animal. Le monde agricole est attentif, responsable et conscient des défis environnementaux. Cette initiative ne reconnaît pas du tout ces efforts. Au contraire, elle ajoute des contraintes supplémentaires, de la bureaucratie et une pression idéologique sur des exploitations qui sont déjà à bout.
Ensuite, il y a un problème fondamental pour les consommateurs. Cette initiative veut imposer ce que les gens doivent manger - moins de produits d'origine animale, plus d'origine végétale, et ce décidé par l'État. C'est une atteinte directe à la liberté de choix. Je le dis clairement[NB]: pas de véganisme d'État dans notre pays. Les citoyens doivent pouvoir décider eux-mêmes de leur alimentation. Les conséquences seraient aussi très lourdes pour nos produits du terroir. Tout ce qui fait la richesse et l'identité de notre alimentation est remis en question. Les AOP qui font la fierté de nos régions, comme le gruyère AOP, seraient fortement touchées. Les[NB]artisans,[NB]les[NB]professionnels de l'alimentation - fromagers, bouchers, restaurateurs - seraient eux aussi directement touchés.
N'oublions pas une réalité géographique simple. Deux tiers de la Suisse sont composés d'herbages. Ces surfaces ne sont pas adaptées à la production végétale intensive. L'élevage y est non seulement logique, mais aussi nécessaire pour une agriculture durable et adaptée à notre pays. Cette initiative ne renforce pas la durabilité. Elle fragilise notre agriculture, nos traditions alimentaires et la liberté des consommateurs.
Pour toutes ces raisons, je propose clairement de recommander le rejet de cette initiative.