Pahud Yvan · Nationalrat · 2026-03-03
Pahud Yvan · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2026-03-03
Wortprotokoll
Concernant ce plan d'allègement des finances fédérales, la question que nous devons nous poser est claire[NB]: voulons-nous des augmentations d'impôts et de taxes[NB]? Pour le groupe UDC, la réponse est claire[NB]: non. Voilà pourquoi nous soutenons le paquet d'allègements soumis. Car sans pistes d'économie, c'est inévitablement des hausses d'impôts, de TVA et de taxes diverses que la population suisse devra assumer. Oui, la Confédération dépense plus qu'elle ne gagne, et les charges progressent plus vite que les recettes. Cette trajectoire n'est ni durable ni responsable. Sans paquet d'allègement des finances fédérales tel que celui proposé par le Conseil fédéral, c'est entre 2 et 4 milliards de francs de déficit qui nous attendent dès l'année prochaine. Dès lors, il est primordial et urgent de maîtriser l'augmentation des dépenses.
La ligne que tient le groupe UDC est claire[NB]: avant de réduire nos dépenses en Suisse, il faut les réduire à l'étranger. Chaque jour, la Suisse distribue 5,5 millions de francs pour l'Ukraine[NB]; oui, 2 milliards par année. 11 millions par jour pour l'aide au développement[NB]; oui, 4 milliards par année. 11 millions par jour pour l'asile[NB]; oui, 4 milliards par année. Sans compter nos contributions à l'Union européenne, d'environ 1 milliard par année. Au total, ce sont donc près de 30 millions de francs par jour, 900 millions par mois, 11 milliards par année que l'on donne à l'étranger.
Hélas, le Conseil fédéral et la majorité de ce Parlement préfèrent couper en Suisse ou augmenter les impôts plutôt que de diminuer le nombre de milliards distribués à l'étranger. Mais ce qui est certain, c'est que pour le groupe UDC, au regard de l'augmentation du coût de la vie, de la situation économique actuelle, marquée par une progression du chômage, il est exclu, vraiment exclu, d'augmenter les impôts, la TVA ou toute autre taxe qui viendrait péjorer le pouvoir d'achat et le portemonnaie des travailleurs, de celles et ceux qui se lèvent tôt pour gagner leur vie. Augmenter les impôts et la TVA doit être le dernier recours, l'ultime décision lorsque tout a été entrepris pour réduire les dépenses là où c'est possible, là où ce n'est pas essentiel au bon fonctionnement de l'État. C'est pourquoi notre groupe a dû faire des choix afin de limiter au maximum l'impact de ce paquet d'allègement sur la population suisse.
Le groupe UDC soutient majoritairement le projet du Conseil fédéral avec des réserves claires pour certains secteurs, notamment l'agriculture. En effet, pour le groupe UDC, il est exclu de réduire les montants destinés à cette dernière. En effet, l'agriculture suisse, aujourd'hui en difficulté, est le seul secteur qui n'a pas vu son enveloppe augmenter. C'est le bon élève de la Confédération. Elle joue un rôle essentiel dans la [PAGE 42] sécurité alimentaire de notre population[NB]; elle est stratégique. Pour notre groupe, il est hors de question de diminuer les moyens qui lui sont consacrés. C'est pourquoi, sur ce point, nous vous invitons à soutenir la minorité de la commission.
Chers collègues, les résultats des comptes 2025 montrent qu'il est urgent d'agir. Sans la rentrée exceptionnelle de 1,5 milliard de francs liée à l'erreur de perception du canton de Genève et sans les 333 millions d'excédent extraordinaire de la BNS, ce ne seraient pas 259 millions de francs de bénéfice que nous constaterions, mais plus de 1,5 milliard de déficit. La réalité financière de la Confédération est donc préoccupante. Le paquet d'allègement tel qu'adopté par la Commission des finances, qui prévoit une réduction de 1,71 milliard de francs pour 2027, ne sera pas suffisant au regard du déficit annoncé.
Pour toutes ces raisons, le groupe UDC vous invite à entrer en matière sur ce plan d'allègement, non pas par idéologie, mais pour faire preuve de responsabilité, pour éviter des hausses d'impôts et de taxes qui pénaliseraient durement notre population, pour préserver le pouvoir d'achat, pour remettre de l'ordre dans nos finances et pour garantir que la Suisse reste un pays solide, stable et prospère.