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Sommaruga Carlo · Ständerat · 2026-03-04

Sommaruga Carlo · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2026-03-04

Wortprotokoll

On a souvent entendu, dans le débat public et médiatique, que notre pays n'avait pas subi de catastrophes de cette ampleur ces dernières décennies. Dans les faits, notre pays et le Valais ont déjà connu une catastrophe énorme. Je vous rappelle la catastrophe du Mattmark qui s'est déroulée le 30 août 1965[NB]: 88 travailleurs étrangers saisonniers ont péri sous le glacier de l'Allalin, simplement parce que leur village de baraques avait été construit à l'époque dans une zone qui était problématique - elle a été désignée ainsi par la suite. À l'époque, il n'y avait eu aucune reconnaissance de l'État suisse de la souffrance des familles [PAGE 67] qui avaient perdu leur seul soutien économique. C'est en Italie que des mémoriaux de la catastrophe ont vu le jour.

En Suisse, il a fallu attendre cinquante ans, c'est-à-dire 2015, pour qu'il y ait un premier mémorial qui soit apposé sur le barrage de Mattmark. Ce n'est que l'année passée qu'a eu lieu la première cérémonie conjointe des autorités en mémoire des victimes, ces travailleurs tués lors de cet accident.

Nous sommes bien entendu soixante ans plus tard. Nous sommes dans une société de communication. L'annonce du décès de ces jeunes le 1er janvier et la souffrance des familles nous sont parvenus immédiatement, ce qui n'était pas le cas à l'époque. Il y a eu tout de suite, dès le 1er janvier, de la part des autorités, que ce soient les autorités cantonales ou fédérales, puis lors de l'ouverture de notre session, des signes de compassion et de solidarité envers les victimes, et naturellement vis-à-vis des proches des victimes.

Il est aujourd'hui donc indispensable de pouvoir marquer de manière très très claire cette solidarité, non pas seulement avec des paroles, mais aussi avec des actes. Je remercie le Conseil fédéral d'être venu avec ce projet de loi urgent. Je remercie aussi la majorité de la Commission des affaires juridiques d'avoir traité rapidement ce projet et d'être venue le présenter et vous proposer l'entrée en matière et son adoption, avec ses propositions.

Je crois qu'il faut faire ce geste. Nous ne pouvons pas nous trouver devant la situation que nous avions connue à l'époque, en nous embourbant dans une discussion d'apothicaire, dans une discussion où le message de solidarité disparaît. Il faut faire ce geste immédiat, ce geste gratuit, ce geste humain à l'égard des victimes. Je pense que, aujourd'hui, nous n'avons qu'à assumer cette responsabilité, déjà assumée par le président de la Confédération et par le président du Conseil d'État valaisan[NB]; c'est ce geste de solidarité.

Je vous invite donc à entrer en matière et à approuver le projet tel qu'il est présenté par la Commission des affaires juridiques et à rejeter toutes autres propositions.