Weber Céline · Nationalrat · 2026-03-09
Weber Céline · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2026-03-09
Wortprotokoll
Ce qui devait être une fête est devenu un enfer, et ce qui devait être plein de légèreté est devenu un poids sans nul autre pareil pour les victimes et leurs familles. Tant de questions qui resteront à jamais sans réponse, rendant le quotidien de trop nombreuses familles tout simplement insupportable. Ce drame nous rappelle brutalement à quel point le destin peut se montrer brutal, et on ne saurait entamer ce débat sans une pensée pour les familles endeuillées, auxquelles le groupe vert'libéral adresse ses plus sincères condoléances. Il adresse ses pensées aux parents, frères et soeurs qui sont au chevet des leurs, parfois même loin de la maison, à l'étranger.
Ce drame ne doit cependant pas non plus nous faire oublier que ce qui est vrai pour cette nuit de la Saint-Sylvestre au Constellation à Crans-Montana est vrai aussi pour de nombreuses autres victimes de drames, moins impressionnants, moins médiatisés, mais pas pour autant plus supportables pour ceux qui en sont victimes. Ceci est également vrai pour les nombreuses équipes d'intervention qui sont intervenues lors de cette catastrophe de Crans-Montana, des équipes qui ont vécu des scènes traumatisantes qu'elles ne pourront jamais oublier. Toute notre gratitude et nos pensées vont également à ces personnes. Pour chaque drame se pose alors la même question[NB]: qui peut aider, qui doit aider, et surtout, comment[NB]?
Un petit retour en arrière nous montre que le drapeau suisse avait déjà été mis en berne, par exemple, après le massacre de touristes à Louxor en 1997 ou après la catastrophe aérienne du vol SR 111 en 1998, pour ne mentionner que deux exemples. Dans les deux cas, la Confédération avait déjà apporté une aide sous forme de soutien psychologique aux proches des victimes, une aide sous forme d'action diplomatique ou de coordination de cellules de crise, par exemple. Dans le cas de Louxor, certaines familles avaient également touché une aide financière, mais pas toutes. Dans ces deux cas cependant, il convient de préciser que les entreprises elles-mêmes, c'est-à-dire les voyagistes dans le cas de Louxor, ou Swissair dans le cadre du vol SR 111, avaient aussi largement mis la main au porte-monnaie. Ainsi, j'aimerais préciser ici que le fait que la Confédération vienne en aide n'est pas nouveau et n'est pas propre au drame de Crans-Montana. En revanche, une aide financière directe de 50[NB]000 francs par victime sous forme de contribution de solidarité va au-delà de ce qui a été fait jusqu'ici.
Alors pourquoi cette aide[NB]? Premièrement, dans le contexte de Crans-Montana, le risque d'une absence de couverture totale est particulièrement marqué compte tenu de l'ampleur des dommages, du nombre de lésés, de la complexité du traitement des victimes de brûlures et de l'atteinte à long terme [PAGE 238] portée à leur avenir économique. Deuxièmement, le caractère international de la prise en charge pèse aussi lourdement, et ce, dès le jour de la catastrophe, sur le porte-monnaie de nombreuses familles. Plusieurs victimes suisses sont toujours hospitalisées à l'étranger, ce qui demande une organisation importante voire des congés professionnels prolongés pour les parents, raison pour laquelle l'aide doit arriver rapidement et de façon non bureaucratique. Troisièmement, n'oublions pas que nous avons bénéficié spontanément du soutien du réseau européen d'aide en cas de catastrophe, alors même que la Suisse ne contribue pas financièrement à ce réseau et que pour le moment aucune facture n'a été soumise à la Suisse de la part de l'Europe. Comment pourrions-nous dès lors justifier le fait que nous voulons bien profiter de l'aide internationale, mais que nous-mêmes refusons d'apporter notre solidarité[NB]?
Ceci dit, cette aide ne peut pas venir sans condition. Il est évident que si des coupables peuvent être désignés et si ces derniers sont en mesure de dédommager les victimes, alors la Confédération doit pouvoir également récupérer tout ou partie de l'argent auprès de ces coupables. En outre, les critères qui doivent être remplis pour que les victimes perçoivent les aides doivent être spécifiés, mais ces critères doivent rester simples. Certes, plus les critères sont simples, plus il y a un risque d'inégalité de traitement, voire d'injustice. Mais le fait d'avoir des critères simples pour l'octroi de l'aide est le prix à payer pour une aide simple, rapide, non bureaucratique et facile à mettre en place, tout en ayant un certain contrôle, puisque l'État du Valais devra rendre un rapport. S'agissant de la table ronde[NB]: elle est essentielle et doit être mise en place le plus vite possible. Ceci dit, les modalités de son financement peuvent faire l'objet d'une réflexion, sans précipitation. Enfin, nous soutiendrons l'aide rapide pour les cantons.
Ainsi, le groupe vert'libéral suivra partout la majorité et vous invite à en faire autant. Il nous semble également utile que des leçons puissent être tirées du drame. Il conviendra ainsi de voir si et dans quelle mesure nos lois d'aide en cas de catastrophe nécessitent des adaptations. Ainsi, le fait que nous rejetions la proposition de la minorité Arslan aujourd'hui est lié au fait que nous ne jugeons pas pertinent de revoir la LAVI dans le cadre de cette loi urgente, et non au fait que nous refuserions toute entrée en matière.