preparatory:AB 370920
Crevoisier Crelier Mathilde · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2026-03-10
Wortprotokoll
Je vous invite à accepter la motion Z'graggen. Cela a été aussi très bien dit lors du débat précédent concernant la motion Maret Marianne[NB]: les violences sexistes et sexuelles n'ont pas leur place dans notre pays. Malheureusement, elles ont encore beaucoup trop cours. Je rappelle quelques chiffres[NB]: 20[NB]000 infractions de violence domestique ont été relevées en 2023, dont 88 tentatives d'homicide. Le chiffre des féminicides ne baisse désespérément pas, année après année. Toutes les deux semaines, une femme meurt sous les coups, d'un homme, généralement. Pour l'année 2026, cinq femmes déjà sont décédées dans notre pays. Cela étant, je m'interroge un peu sur la ligne tracée ici, celle de la violence importée, de la violence qui serait le fait des étrangers, des hommes étrangers. Dans la partie relative au développement de la motion, il est indiqué qu'"une partie des infractions violentes, souvent graves, est imputable à des étrangers qui ne sont pas suffisamment informés des valeurs et règles fondamentales". Il faut aussi alors partir du principe que l'autre partie des violences domestiques est imputable à des hommes suisses qui, manifestement, ne sont pas, eux non plus, suffisamment informés des valeurs et des règles fondamentales prévalant dans notre pays. Ainsi, s'il ne faut pas minimiser la violence qui serait peut-être imputable à des personnes de culture étrangère, je crois que tracer la ligne entre les étrangers et les Suisses dans ce domaine n'est pas la bonne approche. Il faut reconnaître que la violence domestique est surtout une affaire d'hommes, en réalité, et qu'il faut réfléchir à l'éducation de tout ce public cible. On peut donc se demander comment introduire tôt, dans le système éducatif, dans l'éducation des filles, mais aussi des garçons, les bons réflexes, les bons comportements à adopter. On peut aussi s'interroger sur la montée du masculinisme, qui est un phénomène extrêmement inquiétant, notamment de par son influence sur les jeunes hommes. Le masculinisme, c'est cette manière de promouvoir la haine des femmes, de justifier les violences contre les femmes. On le voit avec les réseaux sociaux, notamment. C'est une tendance inquiétante, que l'on doit aussi aborder dans la question des violences domestiques.
Cette semaine, notre pays est sous la loupe, puisque la délégation chargée d'examiner la mise en oeuvre, par la Suisse, de la Convention d'Istanbul contre les violences faites aux femmes est en ce moment même dans notre pays. Nous savons que des progrès importants restent à faire, non seulement sur le plan des mentalités, mais aussi sur le plan des fonds. Je rappelle que nous avons mis hier une conditionnalité au montant de 300[NB]000 francs, dans le programme d'allègement, pour la formation des personnes qui conseillent les victimes et les prennent en charge. Face à l'ampleur du problème, on ne peut donc pas se permettre de pinailler autant sur des montants, qu'il s'agisse des offres d'accueil, de la prévention auprès des auteurs, de la mise en oeuvre dans le droit de la procédure et dans le droit pénal du cadre permettant d'instruire les violences à l'égard des femmes.
Je vous invite donc à adopter la motion Z'graggen, tout en gardant à l'esprit que la problématique des violences sexistes et sexuelles (VSS) reste bien l'objet de toute la population.