Page Pierre-André · Nationalrat · 2026-03-20
Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2026-03-20
Wortprotokoll
Aujourd'hui est un jour particulier pour plusieurs de nos collègues, car nous allons prendre congé de quelques-uns d'entre eux. Aujourd'hui, nous faisons nos adieux à notre collègue Céline Widmer, membre de notre conseil et du groupe socialiste depuis six ans et demi. Sa carrière politique a débuté en 2012, avec son élection au parlement cantonal zurichois. De 2009 à 2014, elle a également été membre du comité directeur du Parti socialiste de la ville de Zurich. Céline Widmer est entrée au Conseil national pour le parti socialiste lors des élections parlementaires fédérales de 2019 et a été réélue en 2023. Après ses études, cette ingénieure du son et politologue de formation s'est intéressée à la politique des quartiers, des villes et des agglomérations. Ensuite, de 2014 à 2024, elle a travaillé au sein de l'état-major de la maire de Zurich.
Durant son mandat, Céline Widmer a oeuvré au sein de la Commission des institutions politiques (CIP) depuis 2020, de la Commission de l'économie et des redevances (CER) depuis 2023, et de la Commission chargée de l'examen du programme de la législature. Elle s'est également investie au sein de la Délégation pour les relations avec le Bundestag, qu'elle a présidée de 2019 à fin 2023. Depuis 2023, elle est également membre du Bureau du Conseil national en tant que scrutatrice.
Coprésidente de la Plateforme sans-papiers Suisse, Céline Widmer est particulièrement sensible aux questions de politique migratoire et aux droits des requérants et requérantes d'asile ainsi que des sans-papiers. Elle s'est par exemple engagée avec succès pour faciliter l'accès à la formation professionnelle aux requérantes et requérants d'asile déboutés, ainsi qu'aux sans-papiers, mais elle s'est également illustrée sous la coupole dans les domaines financier, fiscal et monétaire, en déposant plusieurs interventions, notamment sur la réglementation bancaire, le rôle de la BNS et la politique monétaire suisse, ou encore sur des questions d'équité fiscale.
Ses collègues du conseil décrivent Céline Widmer comme une personnalité à la fois calme et réfléchie, dotée d'un sens aigu de l'écoute et d'une réelle capacité à construire des ponts. Elle privilégie le dialogue, y compris au-delà des clivages politiques. Cette approche, fondée sur le respect et la recherche de solutions, fait d'elle une politicienne solide, accessible et digne de confiance. Elle se distingue également par une préparation rigoureuse de ses dossiers et un engagement sans relâche dans son travail.
Aujourd'hui, elle quitte le Conseil national, après avoir été brillamment élue à l'exécutif de la ville de Zurich, il y a à peine deux semaines. Cette décision ne va pas sans émotion[NB]: dans sa lettre de démission, elle souligne que le travail politique ainsi que les nombreuses rencontres au Palais fédéral resteront des souvenirs précieux. Toutefois, elle aborde cette nouvelle étape avec conviction et enthousiasme, persuadée que la fonction de conseillère municipale compte parmi les plus passionnantes de Suisse. Elle offre en effet l'opportunité unique d'agir concrètement et d'améliorer directement le quotidien des habitantes et habitants.
Résidant dans le quatrième arrondissement, cette Zurichoise engagée entretient un lien profond avec sa ville. Son attachement à Zurich et à sa population se reflète dans son action politique guidée par une volonté constante de servir l'intérêt général et de contribuer au bien-être collectif.
Nous tenons à remercier chaleureusement notre collègue pour son dévouement exemplaire, tant au sein de notre conseil qu'au-delà. Nous lui adressons nos voeux les plus sincères de réussite dans le cadre de ses nouvelles responsabilités à Zurich, ainsi que dans sa vie personnelle. Nous espérons également qu'elle saura préserver de précieux moments pour se ressourcer - que ce soit en montagne, sur son vélo de course ou en se laissant captiver par de bonnes séries policières. (Standing ovation[NB]; le président remet un bouquet de fleurs à Mme Céline Widmer)
Nous prenons également congé de notre collègue, Felix Wettstein, qui nous quitte après avoir passé un peu plus de six années au Conseil national. Rappelons d'abord son parcours académique en pédagogie, géographie et anthropologie qui le porte initialement à travailler pour la fondation Pro Juventute à Zurich pour ensuite être mandataire du département de l'éducation auprès du canton d'Argovie de 1992 à 2000, date à laquelle, il devient professeur à la Haute école spécialisée d'Argovie, devenue en 2006 la Haute école spécialisée du nord-ouest de la Suisse. Il y enseigne jusqu'en 2023. Ses domaines de spécialisation sont la promotion de la santé et la prévention.
En parallèle de son parcours professionnel, il fait ses premiers pas au sein d'un parlement en 2007, en étant élu député de la ville d'Olten. Il exerce cette fonction jusqu'au mois de juin 2021. Il poursuit ensuite son parcours politique comme député au conseil cantonal de Soleure, de 2010 à novembre 2019. En 2012, il accède à la coprésidence cantonale du parti[NB]; il y restera jusqu'en 2018. C'est en décembre 2019, sous la bannière des Verts, qu'il fait donc son entrée au Conseil national. Il y sera réélu en 2023, marquant ainsi l'histoire de son parti en gardant ce mandat pour ce dernier.
Au sein de ce conseil, notre collègue Wettstein a siégé dans plusieurs commissions. Puisqu'il avait pu siéger précédemment à la Commission des finances du canton de Soleure, il a su mettre à profit cette expérience à la Commission des finances du Conseil national, de 2019 à 2026. Il a également été suppléant au sein de la Commission de rédaction en langue allemande jusqu'en 2024, et vice-président à la Commission chargée de l'examen du programme de la législature.
De plus, de par son expertise professionnelle et son poste de président auprès de Pro Salute, c'est sans surprise qu'il s'est particulièrement intéressé au domaine de la santé. Soulignons également son engagement pour la culture et les questions budgétaires, dont par exemple la question du frein à l'endettement.
Il choisit de quitter le Conseil national au terme de cette session, car il estime qu'il est temps de céder son siège au sein du Conseil national. Dans la "Solothurner Zeitung", il a en effet récemment déclaré[NB]:
"[...] ich will keiner jener Männer sein, den man vom Stuhl prügeln muss. Sosehr ich mit Herzblut Politik mache: Ich bin ersetzlich."
De sa carrière de professeur, Felix Wettstein a conservé un talent précieux[NB]: celui de rendre accessibles les questions les plus complexes. Avec pédagogie et clarté, il sait démêler des mécanismes parfois techniques du budget pour en révéler l'essentiel, permettant à chacun de mieux comprendre les enjeux et de participer au débat de manière éclairée.
Calme et pondéré dans ses interventions, il privilégie toujours l'explication et le dialogue. Plutôt que d'asséner des certitudes, il prend le temps d'exposer les arguments, d'écouter les points de vue et de construire des positions convaincantes. Cette approche réfléchie et respectueuse a largement contribué à la qualité des discussions au sein du conseil et à la recherche de solutions équilibrées.
Nous remercions Felix Wettstein pour son travail au sein de ce conseil et lui souhaitons une excellente continuation tant au niveau personnel, que dans ses divers mandats politiques bénévoles. (Standing ovation[NB]; le président remet un bouquet de fleurs à M.[NB]Wettstein)
Nous devons aussi faire nos adieux à notre collègue Claudia Friedl. Membre du Parti socialiste, elle a commencé son activité politique au législatif de la ville de Saint-Gall, avant d'être élue au Grand Conseil saint-gallois, puis au Conseil national. Elle totalise donc 33 années d'activité parlementaire, dont 13 à l'échelon fédéral.
Claudia Friedl a été membre de la Commission des finances et a longtemps siégé au sein de la Commission de politique extérieure, ainsi que de la Délégation auprès de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE, qu'elle préside actuellement. Elle a en outre fait partie de la Délégation pour les relations avec [PAGE 639] le Parlement autrichien et de celle pour les relations avec le Parlement liechtensteinois. La politique extérieure et la solidarité internationale ont ainsi été au coeur de ses préoccupations tout au long de son mandat au Conseil national.
Titulaire d'un doctorat en sciences de l'environnement, elle a pu mettre ses connaissances scientifiques au service de son activité parlementaire. Dans ses interventions sous la coupole fédérale, elle s'est régulièrement appuyée sur son expertise pour expliquer les enjeux liés à la biodiversité, à la protection des écosystèmes et à la gestion durable des ressources. Elle a notamment remporté un franc succès avec une motion visant l'interdiction de la vente de néophytes envahissantes, qui a été adoptée par les deux chambres.
Outre la politique extérieure et environnementale, Claudia Friedl s'est particulièrement investie en faveur de l'égalité et de la sécurité sociale. Son engagement politique remonte d'ailleurs à la première grève des femmes de 1991. Les valeurs fondamentales portées par Claudia Friedl se situent au coeur de la tradition sociale et humaniste[NB]: l'égalité entre toutes et tous, la solidarité entre les membres de la société, le respect des droits de l'homme, ainsi que la promotion de la paix et de la sécurité sociale.
À ces principes s'ajoute une attention particulière à la protection de la nature et du climat, thèmes qu'elle a constamment défendus dans son travail parlementaire. Son engagement reflète une vision politique qui vise à concilier responsabilité écologique, cohésion sociale et ouverture au dialogue.
Elle a déclaré un jour en interview qu'il était important de faire preuve d'ouverture et d'être capable d'aller à la rencontre des autres, même s'ils ont des opinions différentes, que c'était la seule façon de nouer un véritable dialogue. Son parcours montre qu'un travail consciencieux, une connaissance approfondie des dossiers et une capacité à construire des ponts entre différentes sensibilités politiques peuvent permettre non seulement de remporter la confiance des électeurs, mais aussi de mener une politique efficace.
Dans sa lettre de démission, elle a résumé ainsi son mandat au Conseil national[NB]: "J'ai toujours considéré le fait de travailler sous la coupole comme un grand privilège, mais aussi comme une responsabilité." Cette phrase illustre la manière dont elle a envisagé son mandat[NB]: comme une mission au service de la collectivité, exercée avec sérieux et engagement.
Au nom du Conseil national, je remercie chaleureusement Claudia Friedl pour son dévouement sans faille et pour la contribution qu'elle a apportée aux travaux parlementaires durant toutes ces années. Nous lui souhaitons plein succès pour son avenir, en particulier de trouver autant de "havres de calme" qu'elle le souhaite, pour se ressourcer loin de l'intensité et du brouhaha de la vie parlementaire. (Standing ovation[NB]; le président remet un bouquet de fleurs à Mme Friedl)
Nous devons également prendre congé de notre collègue Balthasar Glättli. Élu pour la première fois au Conseil national lors des élections fédérales d'octobre 2011, cela fait maintenant plus de quatorze ans que Balthasar Glättli arpente les couloirs du Palais du Parlement, longtemps avec la casquette de chef de groupe des Verts, entre 2013 et 2020, puis avec celle de président du parti des Verts jusqu'en 2024. Il est d'ailleurs le premier président de parti à avoir été élu lors d'une assemblée virtuelle, pendant la crise du COVID-19. Cette anecdote correspond bien finalement à son parcours[NB]: il a en effet fondé sa société de conseil en Internet dans les années 1990 et avoue être un fan de technologie.
Depuis son entrée en fonction, Balthasar Glättli est resté fidèle à deux commissions[NB]: la Commission des institutions politiques et la Commission de la politique de sécurité. Il a fait une incartade de quelques mois au sein de la Commission de l'économie et des redevances entre 2022 et 2023. En tant que chef de groupe, il a également siégé pendant sept ans, de 2013 à 2020, au sein du Bureau du Conseil national.
Ses thèmes de prédilection sont la politique migratoire et la politique d'asile, les droits fondamentaux, la politique de sécurité, le droit du bail ainsi que le numérique. Peu d'entre vous savent que sa toute première motion, 11.4181, en tant que conseiller national fraîchement élu, portait sur la débureaucratisation. Balthasar Glättli y demandait que les bandes cyclables rouges soient intégrées dans l'ordonnance correspondante en tant que signalisation normale aux endroits dangereux. Auparavant, ces dispositifs n'étaient possibles que dans le cadre d'essais ponctuels coûteux. Plus de sécurité routière avec moins de bureaucratie administrative pour les autorisations[NB]: le Conseil fédéral et le Parlement ont été séduits par cette idée.
Orateur talentueux, Balthasar Glättli est capable d'apporter un argument nouveau en pleine prise de parole. Il a d'ailleurs déposé une initiative parlementaire, 21.500, visant à interdire la lecture d'un texte rédigé au préalable lors des débats au Conseil national. Notre conseil a - heureusement ou malheureusement, à vous de juger - refusé d'y donner suite. Dans le registre oratoire, j'ajouterai encore qu'il s'exprime dans un très bon français. Il dit d'ailleurs lui-même[NB]: "J'ai l'impression d'être un autre politicien, en français."
Balthasar Glättli figure indéniablement parmi les parlementaires les plus prolifiques de ces dernières années. Depuis 2011, il s'est imposé comme une voix active dans cet hémicycle. À la fin de la session d'hiver 2025, il totalisait près de 2362 minutes de prise de parole, ce qui correspond à environ 39 heures, soit un peu plus d'un jour et demi. Ce chiffre, à lui seul, illustre l'ampleur de son investissement et sa volonté de participer pleinement au travail parlementaire.
Ses collègues reconnaissent également en lui un parlementaire rigoureux, féru de détails, doté d'une grande force de travail, mais aussi un interlocuteur respectueux et constructif dans la recherche de solutions. Dans un contexte politique souvent marqué par la confrontation, ces qualités sont particulièrement précieuses.
Balthasar Glättli nous quitte aujourd'hui pour retourner là où sa carrière politique avait débuté[NB]: la ville de Zurich. Il y exercera désormais des responsabilités au sein de l'exécutif, et non plus du Parlement. Cette élection vient, d'une certaine manière, clore un cycle et en ouvrir un nouveau. Il est permis d'exprimer le souhait qu'il poursuive, dans ses nouvelles fonctions, une action politique pragmatique, orientée vers des solutions concrètes, et fidèle à l'esprit de sa motion de 2011.
Au nom du Conseil national, nous le remercions pour son engagement, pour la qualité de ses contributions et pour le sens des responsabilités dont il a fait preuve tout au long de son mandat. Nous lui adressons nos voeux les plus sincères de succès, tant dans ses nouvelles fonctions que dans sa vie personnelle. (Standing ovation[NB]; le président remet un bouquet de fleurs à M.[NB]Glättli)
Après quatorze ans passés sous la Coupole fédérale, Pierre-Alain Fridez a décidé de poser les armes à mi-législature, (Hilarité) comme il s'y était engagé lors des dernières élections. Il met ainsi un terme à sa carrière politique qui avait débuté à la fin des années 1990, d'abord comme maire de sa commune de Fontenais, puis comme député au Parlement jurassien de 1999 à 2006 et de janvier 2011 à son entrée au Conseil national en décembre 2011.
Médecin généraliste, il se retrouve à siéger, dès le départ, au sein de la Commission de la politique de sécurité à l'insu de son plein gré, comme il le dit avec le sourire, mais au fil du temps, il se découvre un intérêt pour les questions géostratégiques et devient le spécialiste des questions militaires pour la gauche de notre hémicycle. Il développe ainsi une vision socialiste de la sécurité nationale. Il concrétise sa réflexion à travers quatre livres, souvent critiques vis-à-vis des choix menés par la Confédération et des procédures d'acquisition de matériel d'armement.
Pierre-Alain Fridez s'intéresse également à la politique extérieure et multilatérale, en siégeant dans plusieurs délégations[NB]: la Délégation pour les relations avec le Parlement français, la Délégation auprès de l'Assemblée parlementaire de l'Otan, la Délégation auprès de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie en tant que suppléant et, enfin, l'engagement qui le marque le plus, la Délégation auprès de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe qu'il préside de fin 2019 à 2022. Au sujet du Conseil de l'Europe, justement[NB]: c'est un honneur pour lui de siéger pendant dix ans au sein de ce qu'il considère être le temple de la démocratie, de l'État de droit et du respect des droits humains. Il en est le vice-président de 2024 à 2025 et préside également pendant plusieurs années la Commission des migrations, des [PAGE 640] réfugiés et des personnes déplacées. Cette fonction l'amène à voyager et à se confronter à de difficiles réalités. En 2024, il oeuvre en coulisse pour l'élection d'Alain Berset au poste de Secrétaire général du Conseil de l'Europe.
Au Conseil national, il est également membre de la Commission de rédaction et occupe pendant de longues années le poste de scrutateur. Le 7 décembre 2022, il est ainsi le premier Jurassien à connaître l'élection d'Elisabeth Baume-Schneider au Conseil fédéral. Cela reste un moment fort de sa carrière politique.
Après son départ du Parlement, Pierre-Alain Fridez poursuivra encore son activité de médecin à un rythme réduit et conservera quelques mandats, comme celui de président du Mouvement autonomiste jurassien. Avec son départ, c'est une voix singulière qui quitte aujourd'hui notre conseil. Tout au long de son parcours, il a incarné une indépendance d'esprit et une liberté de ton qui font écho à cet esprit jurassien, libre au sein de l'Helvétie. À la fois critique lorsque cela s'avérait nécessaire et toujours animé par un sens aigu de la responsabilité, il a su conjuguer franchise, fidélité à ses convictions et loyauté envers les institutions.
Nous lui adressons nos meilleurs voeux pour la suite de son parcours, convaincus qu'il continuera, d'une manière ou d'une autre, à mettre son expérience et son sens de l'engagement au service de la collectivité. (Standing ovation[NB]; le président remet un bouquet de fleurs à M.[NB]Fridez)
Il y a trois semaines, le président de la Confédération signait les accords bilatéraux III avec son homologue de l'Union européenne. C'est ce moment qu'a choisi notre collègue Eric Nussbaumer pour annoncer son départ du Conseil national. Fils d'une maman alsacienne et d'un papa suisse, cet europhile convaincu n'a eu de cesse de défendre un rapprochement avec l'Union européenne. Il ne pouvait donc pas choisir un moment plus symbolique.
Sa carrière politique commence en 1992 au sein du législatif de Frenkendorf, commune où il réside à l'époque. En 1998, il est élu au parlement cantonal de Bâle-Campagne, qu'il préside de 2005 à 2006. Parallèlement, il est également le président du parti socialiste cantonal entre 1999 et 2005.
Élu pour la première fois au Conseil national en 2007, le socialiste sera par la suite réélu à quatre reprises, dont trois fois - en 2011, 2019 et 2023 - avec le meilleur résultat de son canton.
À son arrivée sous la coupole fédérale, Eric Nussbaumer siège dans la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie jusqu'en 2019. Il la préside de 2012 à 2013. À partir de 2014 et jusqu'à aujourd'hui, il est membre de la Commission de politique extérieure. D'abord suppléant de la Délégation AELE/UE à partir de 2012, il en devient membre à part entière en 2015 et en assure la présidence de 2020 à 2021.
Ce passionné de sport n'a jamais limité son engagement politique aux seuls couloirs feutrés du Palais fédéral[NB]: pour lui, la politique se joue aussi sur d'autres terrains, au sens propre comme au figuré. Très apprécié de ses collègues, il a incarné cet esprit d'équipe en assumant pendant dix ans, de 2012 à 2022, le rôle de capitaine du "FC Nationalrat", avec d'ailleurs le titre de champion d'Europe que nous avons obtenu en 2018 en Autriche[NB]; une fonction symbolique qui préfigurait celle qu'il allait endosser à une tout autre échelle au moment de son élection, en décembre 2023, à la présidence du Conseil national, devenant ainsi, pour une année, le "capitaine" de l'Assemblée fédérale.
Au-delà de ses fonctions officielles, son attachement aux institutions s'est toujours accompagné d'un profond souci de transmission. Convaincu que la vitalité démocratique repose sur l'engagement des nouvelles générations, il s'est particulièrement investi ces dernières années pour rapprocher les jeunes du fonctionnement politique. Son implication dans la création d'un centre d'information du Parlement illustre cette volonté de rendre les institutions plus accessibles et plus compréhensibles.
Ses domaines de prédilection sont la politique énergétique et la politique européenne, deux champs dans lesquels il s'est imposé comme une voix influente. À la suite de la catastrophe de Fukushima, il s'est engagé avec détermination en faveur de la sortie du nucléaire et de la transition énergétique en Suisse, devenant l'un des acteurs clés de ce tournant stratégique. Son parcours d'ingénieur, ainsi que ses responsabilités en tant que directeur puis président du conseil d'administration d'une coopérative énergétique, lui confèrent une expertise reconnue et une crédibilité particulière dans le cadre de ces débats complexes. L'un des jalons majeurs de son engagement reste l'acceptation par le peuple de la stratégie énergétique en 2017, qui constitue sans doute l'un de ses succès les plus marquants. À travers cette réalisation, il a contribué à orienter durablement la politique énergétique suisse vers un modèle plus durable et résolument tourné vers l'avenir.
Eric Nussbaumer est avant tout reconnu pour sa rectitude, sa bienveillance et son sens aigu des responsabilités. C'est un véritable "Mensch"[NB]: une personne intègre, digne de confiance, qui agit avec constance pour le bien commun. Tout au long de son parcours, il a su incarner une politique à la fois humaine, pragmatique et tournée vers l'intérêt général. Comme il le souligne lui-même, son plus beau souvenir de son activité politique reste d'avoir pu contribuer à l'élaboration des lois pour une Suisse sociale et ouverte sur le monde. Cette phrase résume parfaitement la cohérence et la profondeur de son engagement au sein de notre conseil[NB]: une volonté constante de concilier justice sociale, ouverture et responsabilité.
Dans les prochains mois, il poursuivra cet engagement sous une autre forme, en tant que président du Mouvement européen suisse. Parallèlement, il pourra accorder davantage de temps à ses proches et tout particulièrement à ses sept petits-enfants, qui occupent une place essentielle dans sa vie.
Nous lui adressons nos sincères remerciements pour son travail remarquable, son engagement sans faille et l'exemple qu'il laisse derrière lui. Nous lui souhaitons plein succès et de nombreuses satisfactions pour cette nouvelle étape. Bon vent, capitaine[NB]! (Standing ovation[NB]; le président remet un bouquet de fleurs à M.[NB]Nussbaumer)
Merci à toutes et à tous pour votre excellent travail au sein de notre conseil[NB]! [PAGE 641]