Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · 2003-10-02
Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2003-10-02
Wortprotokoll
Je serai moins théâtral que M. Blocher. Mais je vous conseille, Monsieur Blocher, de faire votre jolie démonstration à votre collègue Binder, membre du Bureau du Conseil national, qui est venu devant moi et quelques autres collègues, récemment, justifier avec une force de conviction extraordinaire l'augmentation des effectifs des Services du Parlement. Alors, allez faire votre démonstration à M. Binder pour qu'il explique comment on peut économiser dans les Services du Parlement!
Je sais par contre que vous êtes un expert dans la manière de licencier du personnel de 57 ans sans indemnités; là aussi, on a bien reçu votre explication et vos conseils au Conseil fédéral. J'estime que, dans le privé comme dans le public, on ne licencie pas des gens qui ont travaillé pendant trente ans pour une organisation sans leur donner d'indemnités de départ. J'ai aussi la responsabilité d'une quarantaine de personnes et un déficit que j'aurai résorbé en moins de trois ans depuis que j'ai repris la région syndicale; et j'ai aussi réduit des effectifs de personnels. Mais j'essaie, comme parlementaire, d'avoir une vision macroéconomique. Je sais aussi que si le personnel de la Confédération voit ses salaires baisser, si les rentiers voient leurs rentes baisser, si les rentiers AVS voient leurs rentes également baisser, si on entame une politique qui donne le signal de la baisse des salaires et de la baisse des rentes, alors on n'est pas sorti de la crise économique dans ce pays.
Enfin, j'aimerais me contenter d'une simple démonstration parce que beaucoup d'arguments pourraient encore être développés. Je prendrai juste les deux arguments suivants:
1. Arrêtez de me bassiner avec les exemples pris dans l'économie privée! J'ai dû malheureusement constater, durant les trois années où je me suis occupé de licenciements collectifs, à quel point, dans le secteur privé, le gaspillage, la perte d'argent, des gens payés des saladiers à ne rien faire, on en trouve des cas par dizaines! Et si vous voulez des exemples, Monsieur Blocher, je vous en donne. J'ai aussi vu cette mode de remplacer le personnel fixe par des consultants payés quatre ou cinq fois le salaire d'une personne fixe et coûter bien davantage à la fin pour des résultats misérables. Cela aussi, dans le cas du personnel de la Confédération, on l'a vécu. On a limité le personnel et pendant ce temps, on faisait des contrats à 300 000 ou 400 000 francs par année pour du personnel loué à des prestataires de services.
2. Mais surtout, chers collègues du groupe de l'UDC, j'ai fait un petit calcul. M. le conseiller fédéral Villiger a annoncé qu'il allait supprimer environ 600 postes de travail. Comme il ne veut pas procéder à des licenciements, il va le faire en se limitant aux départs naturels. On a 32 000 agents dans l'administration civile de la Confédération. Sur ces 32 000 agents, 6000 s'occupent de surveiller nos frontières, ce sont les douaniers. Admettons que les douaniers partent à la retraite dans une proportion à peu près similaire à celle des agents des autres services, le nombre de postes de douaniers supprimés par la mesure du Conseil fédéral sera de l'ordre de 120: le Conseil fédéral va devoir supprimer environ 120 postes de douaniers dans les trois prochaines années.
La proposition de minorité I (Zuppiger) double la mise. Alors, dites à vos électrices et électeurs, en même temps que vous faites vos annonces pour lutter contre l'immigration clandestine, que vous proposez ici de supprimer 240 postes de douaniers dans les trois prochaines années! Vous donnerez alors une vision complète de la politique de l'UDC pour ce pays et de la façon dont elle veut réellement lutter contre l'immigration clandestine.
Chers collègues du groupe de l'UDC, cher collègue Blocher, vous avez un petit problème. La plupart des forces politiques d'extrême droite qui voulaient lutter contre l'immigration n'étaient pas ultralibérales. Vous, vous voulez conjuguer l'ultralibéralisme et le positionnement à l'extrême droite avec la lutte contre l'immigration clandestine. Cela, c'est une contradiction qui, un jour, va vous éclater à la figure. Je m'en réjouis et comptez sur moi pour la souligner le plus possible auprès de vos électrices et électeurs!