Buffat Michaël · Nationalrat · 2026-04-30
Buffat Michaël · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2026-04-30
Wortprotokoll
Je vais être direct avec vous[NB]: cette initiative doit être refusée. Sous des mots séduisants comme "modernité" ou "démocratie", elle propose en réalité de transformer la nationalité suisse en un droit presque automatique. Cinq ans de présence suffiraient, avec quelques conditions minimales, et l'État n'aurait plus le choix, il devrait accorder la nationalité sans véritable examen, sans réelles exigences, sans cette part d'appréciation qui permet aujourd'hui de juger les situations concrètes.
Soyons honnêtes, cette initiative n'améliore pas notre système, mais elle l'affaiblit. Elle banalise la citoyenneté suisse. Aujourd'hui, devenir suisse signifie quelque chose. Cela implique une intégration, un engagement et une compréhension de notre pays. Demain, tout cela passerait au second plan. Ce qui compterait avant tout, ce serait simplement d'avoir été présent 5 ans. Les conséquences sont claires. L'exigence d'indépendance disparaîtrait. Les condamnations pénales ne seraient plus réellement disqualifiantes. Les exigences linguistiques seraient minimales et, surtout, toute appréciation humaine des dossiers serait supprimée. On passerait d'une décision réfléchie à un automatisme administratif. Ce n'est pas tout, cette initiative s'attaque également à notre fédéralisme. Elle retire aux cantons et aux communes leur rôle essentiel pour imposer une logique centralisée, uniforme et déconnectée du terrain. Or, la Suisse est construite précisément sur la proximité et la diversité, pas sur la centralisation.
Posons la question simplement[NB]: pourquoi vouloir affaiblir à ce point la citoyenneté suisse[NB]? Parce que cette initiative ne fait plus la différence entre vivre en Suisse et faire partie de la Suisse. Or, cette différence est fondamentale. Une démocratie repose sur des citoyens réellement intégrés et engagés, pas sur un mécanisme automatique qui distribue des droits sans exigence.
Une nationalité qu'on accorde sans exigence est une nationalité que l'on affaiblit. Une citoyenneté que l'on banalise est une citoyenneté que l'on vide de son sens. C'est pourquoi cette initiative va dans la mauvaise direction et, pour cette raison, elle doit clairement être rejetée.