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Golay Roger · Nationalrat · 2026-04-30

Golay Roger · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2026-04-30

Wortprotokoll

J'ai déposé ce postulat en date du 5 juin 2024 avec une conviction claire[NB]: avant toute discussion sur une éventuelle privatisation ou sur une réduction de la participation de la Confédération à Swisscom, il est indispensable d'évaluer sérieusement l'importance stratégique de cette entreprise pour notre pays.

Pourquoi ce postulat[NB]? Parce que certains milieux influents s'interrogent régulièrement sur la nécessité de maintenir ce type de société dans le giron de l'État. Ces interrogations se sont d'ailleurs ravivées dès les premières discussions liées au rachat de Vodafone Italia, certains y voyant l'occasion de relancer le débat sur une diminution voire un abandon de la participation majoritaire de la Confédération. Il était donc nécessaire de rappeler que Swisscom n'est pas une entreprise comme les autres. Elle gère une part essentielle de nos infrastructures de communication, de nos réseaux numériques et de notre connectivité nationale. Dans un monde marqué par les cybermenaces, les tensions géopolitiques et la dépendance croissante aux technologies, la maîtrise de ces infrastructures touche directement à notre souveraineté, à notre sécurité et à la capacité d'action de la Suisse en situation extraordinaire.

Lorsque j'ai déposé cette intervention parlementaire, certains considéraient peut-être ce débat comme purement économique. Mais il était nécessaire de remettre au centre de la discussion la dimension stratégique de Swisscom. Perdre le contrôle de cette entreprise sans analyse préalable aurait été une erreur majeure. Aujourd'hui, le rapport du Conseil fédéral du 24 décembre 2024, établi à la suite d'une évaluation de Swisscom effectuée par le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication, confirme précisément ce que nous voulions mettre en lumière. Il conclut que même si le marché libéralisé permet d'assurer les prestations de télécommunications, la participation majoritaire de la Confédération demeure pleinement justifiée pour des raisons de politique de sécurité. Le rapport souligne que l'infrastructure informatique et de communication de Swisscom constitue une infrastructure critique pour notre pays. Il rappelle également que la Confédération, en tant qu'actionnaire majoritaire, peut agir plus rapidement et plus efficacement pour protéger cette infrastructure et en orienter le développement que par les seuls instruments réglementaires. Le Conseil fédéral va même plus loin en affirmant qu'aucune meilleure alternative n'existe à court terme. Ni une participation minoritaire ni une scission de l'entreprise n'offre aujourd'hui de solution plus adéquate. Je me réjouis donc que cette évaluation ait permis de confirmer noir sur blanc l'importance stratégique de Swisscom et la nécessité de maintenir la majorité publique.

Je suis convaincu que le dépôt de ce postulat a contribué à cette prise de conscience. Il a permis de rouvrir un débat essentiel, d'exiger des réponses claires et de rappeler que certaines décisions ne peuvent être guidées uniquement par des considérations financières ou idéologiques. Dès lors que le Conseil fédéral partage désormais cette analyse et qu'il entend maintenir la participation majoritaire de la Confédération, l'objectif principal de mon postulat est atteint. C'est pourquoi, avec satisfaction mais aussi en restant vigilant face à l'avenir, je retire mon postulat.