Pahud Yvan · Nationalrat · 2026-06-02
Pahud Yvan · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2026-06-02
Wortprotokoll
À première vue, certains pourraient être tentés de se réjouir des comptes 2025 de la Confédération. En effet, ceux-ci présentent un léger excédent de financement de l'ordre de 259 millions de francs, sur un budget total de 88 milliards de francs. Présenter ainsi le résultat paraît rassurant, mais lorsque l'on regarde les chiffres avec sérieux et honnêteté, le constat est bien différent. Bien entendu, le groupe UDC salue le fait que les comptes ne se terminent pas dans le rouge profond, comme prévu. Chaque franc d'endettement évité est une bonne nouvelle pour les contribuables de notre pays. Mais nous refusons de nous laisser aveugler par un résultat qui repose avant tout sur des circonstances exceptionnelles, et non pas sur une amélioration durable de la gestion financière de la Confédération. En effet, l'amélioration des comptes est due, avant tout, à des recettes supplémentaires provenant du canton de Genève. Ces recettes exceptionnelles représentent environ 1,5 milliard de francs, notamment sous la forme de rattrapages fiscaux liés à des années précédentes. Autrement dit, sans cette rentrée exceptionnelle, les comptes de la Confédération auraient affiché un déficit proche de 1,3 milliard de francs. Voilà la réalité. Nous ne sommes donc pas face à une situation financière solide. Nous sommes face à un équilibre artificiel obtenu grâce à un événement exceptionnel, qui ne se reproduira pas chaque année.
C'est précisément pour cette raison que le groupe UDC appelle à la prudence, car les dépenses, elles, continuent d'augmenter à un rythme préoccupant. Les charges de la Confédération ont progressé de 3,9 pour cent en une seule année, soit environ 3,3 milliards de francs supplémentaires. Cette hausse est considérable. Elle montre que la machine fédérale continue de grossir, année après année, sans que l'on s'attaque véritablement aux causes de la croissance des dépenses. Le nombre de fonctionnaires a également augmenté de 240 équivalents plein temps en une année seulement. Depuis plusieurs années, nous tirons la sonnette d'alarme et mettons en garde contre la croissance incontrôlée des dépenses fédérales. Trop souvent, de nouvelles tâches sont confiées à l'administration fédérale. Trop souvent, de nouveaux programmes sont créés sans remise en question des prestations existantes. Trop souvent, la solution proposée consiste simplement à dépenser davantage. Or, l'argent de la Confédération n'est pas celui de l'État. C'est celui des contribuables, c'est celui des familles, c'est celui des PME, c'est celui des entreprises qui créent des emplois et de la prospérité dans notre pays. Chaque augmentation des dépenses aujourd'hui prépare soit une hausse d'impôts demain, soit une augmentation de la dette que devront supporter les générations futures. Nous devons également regarder avec lucidité le contexte économique et géopolitique dans lequel nous évoluons. La situation internationale est devenue particulièrement instable. Les tensions commerciales se multiplient. Les droits de douane réapparaissent dans plusieurs régions du monde. Les incertitudes géopolitiques pèsent sur les investissements et sur la croissance économique mondiale. La Suisse n'est pas une île isolée. Le chômage augmente chez les jeunes, chez les seniors. Notre économie dépend fortement de nos exportations, de notre industrie, de notre place financière et de notre capacité à rester compétitifs. Or, chacun sait que lorsqu'un ralentissement économique survient, ses effets sur les recettes fiscales n'apparaissent pas immédiatement.
Il existe souvent un décalage de deux à trois ans entre le ralentissement de l'activité économique et la baisse effective des rentrées fiscales. Les signaux qui viennent de l'économie nous obligent à anticiper les difficultés futures plutôt qu'à les subir. C'est pourquoi notre groupe soutient les efforts visant à maîtriser les dépenses de la Confédération. Le plan d'allègement validé par ce Parlement est un bon chemin. Il est indispensable pour garantir le respect du frein à l'endettement, préserver la stabilité financière de notre pays et éviter que les déficits structurels annoncés ne deviennent une réalité durable.
Le Conseil fédéral prévoit que, sans mesures d'assainissement, le déficit pourrait atteindre plusieurs milliards de francs dès les prochaines années. Face à cette situation, deux voies sont possibles. La première consiste à continuer, comme aujourd'hui, à laisser les dépenses croître plus vite que les recettes, espérer que des rentrées exceptionnelles viendront régulièrement "sauver" les comptes et reporter les problèmes. La seconde consiste à agir maintenant[NB]: réduire les dépenses non prioritaires, freiner l'expansion administrative, recentrer l'action de l'État sur ses missions essentielles et préserver la compétitivité économique de notre pays.
Pour le groupe UDC, le choix est clair[NB]: nous voulons des finances fédérales saines, nous voulons le respect du frein à l'endettement, nous voulons éviter de nouvelles charges fiscales pour la population et les entreprises. Nous voulons une Confédération qui vit selon ses moyens, comme le font chaque jour les familles et les PME de notre pays. [GZ]
Le groupe UDC acceptera ces comptes.