Porchet Léonore · Nationalrat · 2026-06-03
Porchet Léonore · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2026-06-03
Wortprotokoll
En 1812, devant l'avancée des armées napoléoniennes, les Russes ont brûlé Moscou et les terres arables pour empêcher l'armée française de s'approvisionner. Cela s'appelle depuis la "politique de la terre brûlée". Dans le cadre du débat politique, on l'utilise aussi pour désigner une stratégie agressive qui vise à détruire un système plutôt que de faire des compromis ou d'admettre sa défaite. Nous sommes exactement dans cette situation avec ce que propose la majorité de la commission du Conseil national, devant cette politique de la terre brûlée.
Pourquoi[NB]? Parce que prévoir un financement temporaire restreint à un relèvement de 0,5 point de TVA jusqu'en 2033 pour financer une assurance sociale qui a été soutenue à près de 60 pour cent par la population, c'est insuffisant et ceci est évidemment motivé par un motif ultérieur. Ce caractère temporaire aboutira automatiquement à l'abaissement du fonds AVS, qui passera à long terme sous la barre des 100 pour cent des dépenses annuelles pour atteindre 52 pour cent en 2040. De fait, des mesures drastiques devraient être prises pour ramener le fonds à 100 pour cent des dépenses annuelles. Ces mesures drastiques, vous les voyez venir. D'ailleurs, la majorité du Conseil national ne s'en cache pas puisqu'elle a soutenu, par exemple, l'initiative visant à augmenter l'âge de la retraite, qui a ensuite été balayée par le peuple, à 75 pour cent. Les mesures drastiques visées par la majorité de ce Conseil national ont pour but d'augmenter, à terme, l'âge de la retraite.
Madame Gutjahr a aussi dit vouloir une réforme complète. En fait, ses représentants ne veulent pas une réforme complète, ils veulent à terme augmenter l'âge de la retraite. La pression qu'ils essayent d'exercer va dans le sens d'une politique de la terre brûlée. Il y a pourtant une réalité qu'il faut regarder en face[NB]: l'AVS va bien, l'AVS va très bien. Les perspectives financières de l'AVS du mois d'août 2025 ont montré que le financement de l'AVS était solide et qu'il suffisait de faire les ajustements prévus par la réforme AVS 2030 et de financer spécifiquement la 13e rente AVS. De plus, le rendement du fonds AVS s'élevait, en 2025, à 2,5 milliards de francs. Nous n'avons donc pas besoin de faire une réforme complète de l'AVS avec une augmentation de l'âge de la retraite[NB]; nous avons besoin de trouver des mesures spécifiques pour passer, par exemple, l'étape de la génération du baby-boom et surtout pour financer spécifiquement la 13e rente AVS.
C'est bien pour cela que nous avons proposé une mesure raisonnable et que nous suivons, dans une logique de compromis avec le Conseil des États, une proposition visant à augmenter un peu les cotisations sociales et à augmenter un peu la TVA. C'est une manière raisonnable de faire, qui pèse légèrement sur les finances et qui est durable. C'est bien là aussi une manière de respecter la volonté populaire.
J'aimerais rappeler que toute modification du taux de la TVA entraîne des coûts importants pour les entreprises. L'Administration fédérale des contributions estime que la mise en oeuvre de cette mesure coûterait au total entre 150 et 200 millions de francs. Ce n'est donc pas non plus anodin pour les entreprises de faire cette proposition d'augmentation temporaire de la TVA. Nous avons besoin de sécurité, y compris pour les entreprises.
Dans ces circonstances, je vous exhorte vraiment à respecter la volonté populaire, à renoncer à cette politique de la terre brûlée, à choisir la solution raisonnable et à suivre la minorité Rechsteiner Thomas.