de Quattro Jacqueline · Nationalrat · 2026-06-04
de Quattro Jacqueline · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2026-06-04
Wortprotokoll
La cybercriminalité s'est immiscée dans notre quotidien. Les cyberattaques progressent en moyenne de 30 pour cent par année. Elles frappent nos citoyens, nos entreprises et nos institutions. En effet, les tentatives d'escroquerie virtuelles, les "rançongiciels" ou les hameçonnages se multiplient et, souvent, réussissent. Les dégâts sont énormes. Rappelons-nous qu'au niveau mondial les cyberattaques coûtent 40 fois plus cher que les catastrophes naturelles. Avec l'apparition de l'intelligence artificielle, le phénomène a explosé. Or, seuls 15 pour cent des incidents sont annoncés, laissant un vaste terrain de jeu aux criminels.
Et ce n'est que la pointe de l'iceberg[NB]: une projection en Suisse et à l'étranger montre qu'avant la fin de la décennie les conséquences des cyberattaques risquent de prendre une dimension incontrôlée, non seulement pour l'économie et pour l'État, mais aussi et surtout pour les citoyens. Le danger qui était encore ponctuel il y a quelques temps en arrière est devenu omniprésent. Or, les moyens de l'Office fédéral de la cybersécurité et des polices cantonales demeurent modestes et les campagnes en ligne ont aussi montré leurs limites. De plus, la plupart des mesures se concentrent sur l'économie, les infrastructures critiques et les autorités et universités.
La population, les citoyens, eux, ne sont pas suffisamment ciblés par les efforts de la Confédération et des cantons. Ils se sentent souvent démunis face à ce fléau. La population a pourtant été citée dans la Cyberstratégie nationale comme un groupe cible. Or, nos concitoyens, soyons francs, ne savent souvent pas comment réagir en cas d'attaque. Bien sûr qu'ils peuvent dénoncer le cas à la police, c'est même souhaitable, mais ils reçoivent avant tout des conseils visant à sécuriser leur ordinateur ou leur téléphone. C'est insuffisant. Si une personne se fait voler son identité, elle ne sait souvent pas à quoi elle doit s'attendre. Elle peut craindre que des crimes soient commis en son nom et elle risquerait alors d'en être tenue pour responsable. Elle a besoin de réponses face à ses inquiétudes.
Face à ces importantes lacunes, des mesures rapides sont nécessaires. C'est pourquoi je demande au Conseil fédéral de mettre en place une hotline ou une plateforme de conseil au niveau de la Confédération, soit une instance spécialisée au service de la population face à la menace croissante de la cybercriminalité, une forme de "Main tendue" pour les victimes des cyberattaques, pour remettre la population au centre de la cybersécurité. Ce n'est pas totalement incongru. D'autres pays l'ont fait. Ainsi, la France a mis en place la Commission nationale de l'informatique et des libertés. Cette autorité a reçu, rien qu'en 2023, 16[NB]000 appels, 16[NB]000 plaintes, ce qui montre que cela répond à un réel besoin.
Le Conseil fédéral partage mes préoccupations, mais il estime que les mesures existantes sont suffisantes. Les arguments du Conseil fédéral ne m'ont pas convaincue. Comment, dans le contexte actuel, peut-on refuser d'aider, sans plus tarder, la population face à l'explosion de la cybercriminalité[NB]? Pour moi, c'est difficilement compréhensible. Je suis convaincue que nous pouvons et devons faire mieux. Si nous voulons gagner le combat contre la cybercriminalité, nous devons être proactifs, constructifs, tout en restant pragmatiques. C'est le but de ma motion.
Chers collègues, la sécurité de notre cyberespace est un des grands enjeux de demain. Une des solutions est d'élargir l'assistance, en particulier au niveau fédéral, en donnant davantage de moyens à la population pour se prémunir et pour se défendre. Une hotline permettra de mieux épauler nos concitoyens, de mieux gérer les cyberrisques, de mieux les anticiper. [GZ]
Merci de soutenir ma motion.