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Simoneschi-Cortesi Chiara · Nationalrat · 2003-12-01

Simoneschi-Cortesi Chiara · Nationalrat · Tessin · Christlichdemokratische Fraktion · 2003-12-01

Wortprotokoll

La fondation Bibliomedia suisse, créée en 1920 sous le nom de Bibliothèque pour tous, favorise le développement des bibliothèques de lecture publique en Suisse, notamment dans les régions insuffisamment pourvues. En leur procurant livres et autres médias, elle contribue à instaurer un certain équilibre entre les régions et les populations. Elle contribue à la promotion de la lecture et au libre accès à l'information; cela, c'est l'article 2 des statuts. Cet article nous indique très clairement la fonction, le rôle et les tâches de cette importante fondation nationale d'intérêt public au service de l'accès à la lecture pour tout le monde, donc jeunes et adultes.

Bibliomedia remplit ainsi depuis presque cent ans, dans l'intérêt de la Confédération, des tâches d'importance nationale pour les bibliothèques publiques et les écoles qu'aucune autre institution n'exerce. Par ses activités, Bibliomedia concourt à garantir un réseau de bibliothèques vivantes dans toutes les régions de Suisse et rend le travail des bibliothèques plus efficace.

Les activités de Bibliomedia sont très bien décrites dans le message. La première, la plus importante, est le prêt des livres. Les trois bibliocentres de Lausanne, Soleure et Biasca fonctionnent comme bibliothèques ressources. Ils prêtent des collections de livres à des collectivités de toute la Suisse: bibliothèques de lecture publique, écoles, maisons des jeunes, centres d'accueil, prisons. En 2002, Bibliomedia a prêté plus de 570 000 médias et 9000 collections à plus de 1500 bibliothèques publiques, bibliothèques scolaires et autres institutions. Les deux tiers ont été prêtés à des bibliothèques.

Mais Bibliomedia ne signifie pas seulement des prêts de livres. Bibliomedia aide aussi à développer des bibliothèques, en particulier dans les petites communes et dans les régions périphériques et de montagne. Très intéressant à ce propos est le contrat avec le canton du Valais, qui engage sa participation dans l'équipement de points de lecture. Il s'agit de rendre le monde de la lecture et des bibliothèques accessible aux habitants de communes isolées.

Une autre activité consiste à promouvoir la lecture, les statuts de Bibliomedia lui imposant de lutter pour la promotion des compétences en lecture de toutes les couches de la population. Elle est dans ce domaine l'un des rares instruments existant à l'échelle nationale. Seule ou avec d'autres institutions, Bibliomedia suisse développe et diffuse des projets de promotion de la lecture, comme par exemple "La nuit du conte suisse" avec l'Institut suisse Jeunesse et Médias, ou "Le tour de Suisse littéraire", ou les projets de promotion de la lecture avec les directions de l'instruction publique des cantons d'Argovie, de Soleure et du Valais, en réaction au rapport PISA 2000.

La promotion de l'accès à la lecture s'est enrichie dernièrement d'un nouvel instrument: Internet. Depuis trois ans, Bibliomedia soutient l'installation d'Internet dans les bibliothèques publiques afin que toute personne puisse avoir accès au savoir et aux informations diffusées sur le Web. L'utilisation d'Internet requiert des compétences certaines en lecture, c'est à ce titre que Bibliomedia s'est engagée dans cette voie. Par cette action, Bibliomedia remplit une tâche importante décrite dans la stratégie du Conseil fédéral "E-Switzerland".

La compensation des disparités régionales et la compréhension et l'échange entre les différentes régions culturelles et linguistiques de notre pays sont aussi une tâche importante de cette fondation.

Notre commission a approfondi avec la présidente et le directeur de Bibliomedia tous les aspects de l'activité de celle-ci, qui est très appréciée.

La commission vous propose donc, à l'unanimité, de voter la loi fédérale qui donne finalement une base légale sûre à l'activité de cette fondation.

Pour ce qui concerne l'aide financière pour les quatre prochaines années, la commission vous propose, par 12 voix contre 5, d'allouer un crédit de 8 millions de francs pour les quatre prochaines années. C'est le crédit qui avait été accordé pour les années 2000 à 2003.

A la différence du Conseil fédéral, la majorité de la commission est convaincue que ce n'est pas le moment de faire des économies dans un domaine très important pour notre pays. [PAGE 1782] En effet, les études récentes PISA 2000, "Illettrisme" et IALS dressent un tableau alarmant en ce qui concerne la capacité de nos jeunes - et hélas aussi des adultes! - de lire et d'écrire. 10 pour cent des citoyens suisses et 30 pour cent des citoyens étrangers sont des analphabètes fonctionnels.

Lire et écrire sont depuis toujours des compétences de base pour la participation des citoyennes et des citoyens à la vie active. La Confédération a aussi reconnu ce problème et a décidé de combattre l'illettrisme. Mais voilà qu'avec la coupe de 1 million de francs sur 8, cette volonté du Conseil fédéral est en contradiction avec le crédit alloué. Pour préciser, il faut souligner que l'investissement de 2 millions de francs par année de la part de la Confédération revient à investir 29 centimes par habitant dans la promotion de la lecture et des bibliothèques publiques de notre pays. Les cantons et les communes investissent 200 millions de francs, c'est-à-dire de 10 à 30 francs par habitant. Vous voyez là la différence: l'engagement important des cantons et l'engagement minime de la Confédération dans cette tâche centrale qui, quand même, donne la possibilité à de petites bibliothèques d'exister. La subvention de la Confédération à Bibliomedia représente donc moins de 1 pour cent du coût de l'ensemble du système. C'est néanmoins pour beaucoup de bibliothèques un plus tangible et indispensable.

Quelles sont grosso modo les conséquences d'une diminution de la subvention de la Confédération de 8 à 7 millions de francs? J'entrerai dans les détails plus tard, mais comme cette coupe est prévue pour les années 2006/07, cela veut dire que les deux dernières années, au lieu de 2 millions de francs par an, Bibliomedia recevra seulement 1,5 million de francs de francs par an, c'est-à-dire le 25 pour cent du budget en moins nominalement et en réalité 30 pour cent en moins par année. Il y a de très graves conséquences. J'apporterai des précisions lors de la discussion par article.