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Béguelin Michel · Ständerat · 2003-12-17

Béguelin Michel · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2003-12-17

Wortprotokoll

Les interventions de plusieurs de nos collègues de l'"Ostschweiz" (Suisse orientale) m'incitent à prendre la parole pour rappeler quelques éléments historiques. Il se trouve en effet que lorsque je siégeais au Conseil national, j'ai siégé pendant douze ans dans la Commission des transports et des télécommunications, de 1987 à 1999, et j'ai suivi tout le déroulement de la discussion sur la NLFA. J'aimerais rappeler un certain nombre de choses.

Nous avons mis au point un système basé sur deux principes: "Netzvariante" et "Baukastensystem". C'est un investissement que nous faisons sur 25 à 30 ans, avec un cadre financier précis: l'endettement de la Confédération ne peut pas dépasser 4,2 milliards de francs. On bâtit quelque chose pour le long terme. Avec ce "Baukastensystem" et les différences de durée des travaux au Lötschberg et au Saint-Gothard, le tunnel ferroviaire du Lötschberg sera ouvert en 2007. Ainsi la Suisse pourra honorer ses obligations à l'égard de l'Europe en ce qui concerne le transfert du trafic des marchandises de la route au rail à partir de 2007, les 40 tonnes; et la perception intégrale de la redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations va permettre de financer le reste des projets NLFA et des grands travaux dans le secteur ferroviaire. C'est donc un élément extrêmement important. On a une répartition dans le temps, et ça joue bien. Heureusement que le percement du tunnel du Lötschberg a été décidé et heureusement que le tunnel du Lötschberg sera ouvert en 2007: pour la suite des travaux, c'est une excellente chose.

Maintenant, à propos du raccordement de l'"Ostschweiz": le texte du premier message sur la NLFA faisait mention, concernant le raccordement au réseau à grande vitesse, de "raccordement au réseau TGV" - cela ne concernait que le réseau ferroviaire français. Et moi, à l'époque, j'ai proposé de formuler de la façon suivante: "raccordement de la Suisse orientale et occidentale au réseau ferroviaire européen des lignes à grande vitesse"(message p. 5989), parce que ça m'intéressait aussi, avec les investissements qui allaient être faits pour le TGV Rhin-Rhône, qu'on puisse mettre deux heures de moins pour aller de Zurich à Paris, de Zurich vers l'ouest - et ça intéresse aussi l'"Ostschweiz": c'est aussi deux heures de gagnées pour les gens de l'"Ostschweiz" qui veulent aller vers l'ouest, et puis c'est aussi un investissement intéressant pour tout le monde. [PAGE 1196]

A l'époque, j'ai posé la question à mes collègues de la commission qui venaient de l'"Ostschweiz": "Comment se fait-il que vous ne vous intéressiez pas plus aux raccordements vers Stuttgart et vers Munich?" La réponse qui m'a été donnée, tenez-vous bien, a été: "Pour nous, ce qui est intéressant, c'est d'aller rapidement à Zurich." Je vous le donne en mille, qui a dit ça? C'est un dénommé Christoph Blocher! (Remarque intermédiaire: C'est un Zurichois!) Et ça, c'est inscrit au procès-verbal d'une séance de la Commission des transports et des télécommunications du Conseil national de 1991. A l'époque, ça m'a moi-même choqué parce qu'en tant que "Westschweizer", je suis aussi intéressé, quand je voyage vers l'est, de mettre moins de cinq heures pour aller à Munich ou de gagner une heure pour aller à Stuttgart. Ce n'est pas un problème "Ostschweiz", c'est un problème "Schweiz"; cela m'a toujours intéressé.

A l'époque, il avait été dit que les Allemands ne voulaient pas investir sur leur territoire pour améliorer les liaisons en direction de la Suisse, alors que les Français étaient prêts à le faire. D'où cette différence d'interprétation. Il avait été dit aussi - Monsieur Friedli ici présent peut en témoigner - que toutes les améliorations, les gains de temps qui interviendraient pour l'"Ostschweiz" seraient faits par l'amélioration technologique du matériel roulant, c'est-à-dire les "Neigezüge" - les trains à caissons inclinables - et l'éventuelle électrification de la ligne en direction de Munich. Cela a été dit haut et clair.

Alors, maintenant on avance dans ce "Baukastensystem". On avance, mais on est serré sur le plan financier - l'endettement ne peut dépasser 4,2 milliards de francs - et on est obligé de répartir les investissements dans le temps. Ma foi, c'est une obligation à laquelle il faut se plier. Mais n'oubliez jamais la dimension européenne, que cela conceerne l'ensemble de la Suisse, et les principes "Baukastensystem" et "Netzvariante". C'est ça que le peuple a approuvé. J'aimerais que vous le gardiez à l'esprit.