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Bignasca Attilio · Nationalrat · 2004-03-16

Bignasca Attilio · Nationalrat · Tessin · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2004-03-16

Wortprotokoll

Je veux exprimer mon souci et celui du monde économique tessinois devant la menace provenant de Bruxelles de frapper toutes les marchandises d'origine européenne importées en Suisse d'une taxe de 12 pour cent lors de leur réexportation vers les pays de l'Union européenne. On peut facilement mettre en relation cette menace avec les autres pressions en vue de la conclusion des négociations sur Schengen et la taxation à la source.

Ces dernières années, plusieurs maisons italiennes de haute couture parmi les plus connues, comme Armani, Versace, Zegna et Gucci, ont créé au Tessin leurs centres logistiques. Elles ont fait ces investissements importants non pas pour échapper au fisc, mais parce que le Tessin, par sa position stratégique sur l'axe de communication Nord-Sud le plus direct, par l'expérience acquise par ses transitaires pendant des décennies dans l'import-export et dans la manutention et l'expédition, grâce aux conditions-cadres favorables offertes par notre pays (la paix du travail, une place financière performante), est mis en valeur par l'action du Bureau pour la promotion économique. Le Tessin est ainsi devenu une importante plaque tournante pour les transitaires ainsi que pour la logistique de produits haut de gamme. Swatch aussi, au début de cette année, a voulu profiter de ces conditions favorables et a décidé de transférer son centre logistique au Tessin.

Or cette décision de Bruxelles, qui est contre l'esprit des accords de libre-échange qui, depuis plus de trente ans, sont à la base de notre intégration économique en Europe, arrive comme un orage, ou mieux, comme une tornade sur l'économie de notre canton frontalier. On peut facilement évaluer que 1500 à 2000 places de travail seront mises en péril dans un bref délai si cette mesure est appliquée. Pour le Tessin et son économie, les dégâts seront, en proportion de sa force économique, cinq fois plus graves que la faillite de Swissair pour le canton de Zurich. Si vous faites cette comparaison, vous comprendrez l'embarras, la confusion, la panique que cette perspective cause au monde économique du canton et parmi les nombreux travailleurs qui risquent de perdre leur emploi.

Dans ces conditions, on ne peut qu'inviter vivement le Conseil fédéral à intensifier l'action diplomatique pour que cette mesure n'entre pas en vigueur et que les accords existants ne soient pas mis en discussion pour faire pression sur les négociations en cours dans d'autres domaines. La Suisse aussi peut mettre en oeuvre des mesures de rétorsion, même sans violer les accords existants!

Je demande au Conseil fédéral de faire comprendre aux bureaucrates de Bruxelles que leur attitude ne fait que renforcer la vision d'une Europe centraliste et arrogante dans l'opinion publique. La votation pour confirmer les accords bilatéraux est toujours plus proche et, provocation après provocation, le peuple souverain pourrait saisir l'occasion de sanctionner ces pratiques dignes de la diplomatie du Moyen Age.