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Zisyadis Josef · Nationalrat · 2004-03-16

Zisyadis Josef · Nationalrat · Waadt · Fraktionslos · 2004-03-16

Wortprotokoll

C'est fou comme la droite de ce Parlement est pressée depuis les dernières élections, pressée pour ce qui concerne la progression à froid et pressée aujourd'hui avec cette initiative parlementaire. Mais, c'est curieux, elle est pressée non pas pour appliquer la loi sur le travail, comme le demande le Tribunal fédéral, mais pour renforcer l'exploitation des travailleurs qui se trouvent dans les situations les plus précaires.

Cela fait des années que vous êtes dans l'illégalité la plus totale dans les grandes gares de ce pays, au mépris des droits des travailleuses et des travailleurs les plus flexibilisés, les plus fragiles. Et maintenant, vous voulez aller contre la volonté populaire qui s'est clairement exprimée contre la révision de la loi sur le travail lors de la votation fédérale du 1er décembre 1996, avec 67 pour cent de non, de même que contre de nombreuses votations cantonales qui ont eu lieu et que, pour la plupart, nous avons gagnées!

Ce n'est même plus la technique du salami à laquelle le monde du travail est confronté. Vous voulez tout, tout de suite, le beurre et l'argent du beurre! Les promoteurs de cette initiative parlementaire n'ont pas de limites. Ils ne seront satisfaits que lorsqu'ils auront transformé notre vie entière, toutes nos relations humaines, en un énorme supermarché. Votre rêve le plus fou, c'est que tout devienne marché, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, avec une flexibilité totale, avec des salaires juste bons pour aller directement dans les services sociaux, que ça soit possible partout, et si possible avec des salaires qui ne donnent pas droit au deuxième pilier. Quelle misère de voir monter dans ce bateau d'une droite obtuse le PDG socialiste des CFF qui vient de nous écrire hier encore pour soutenir cette initiative lamentable!

Cette philosophie de vie est une logique économique, ou plutôt la logique économique du profit immédiat est devenue une pauvre philosophie de vie. Eh bien, face à cette vision du monde qui postule que tous les espaces encore libres, toutes les périodes de repos, tous les moments de gratuité que nous avons encore doivent être colonisés par la marchandisation, le marketing, vous verrez qu'il y aura notre opposition résolue. Car vous êtes, en somme, des mutilateurs de vies entières, les promoteurs de la casse entière de pans de la vie sociale.

L'objectif de cette initiative parlementaire Hegetschweiler est clair. Il s'agit, premièrement, de casser le petit commerce, l'artisanat local - ce n'est ni plus ni moins que de la concurrence déloyale - et, deuxièmement, de développer l'emploi précaire et flexible, mal payé. Donc, il s'agit de transformer la structure même de l'emploi fixe, qui est déjà une peau de chagrin dans notre pays. Or tout le monde sait qu'il n'y a pas de création d'emplois, mais simplement déplacement d'emplois par l'élargissement des horaires. Comment voulez-vous qu'une famille modeste puisse aller dépenser le dimanche ce qu'elle ne peut déjà pas dépenser dans la semaine, avec les salaires de misère qu'elle a actuellement? C'est cette vision économique qui crée le mal-vivre, qui fait exploser les dépenses sociales et de santé, et qui casse les liens sociaux.

Notre groupe "A gauche toute!" vous invite à refuser le projet issu de cette initiative parlementaire. Ne mettons pas le doigt dans cet engrenage que la population a jusqu'ici refusé.

On peut dire que votre demande de souplesse, c'est une véritable baudruche que nous allons nous employer à essayer de dégonfler, y compris peut-être en votation populaire.