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Germanier Jean-René · Nationalrat · 2004-03-18

Germanier Jean-René · Nationalrat · Wallis · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2004-03-18

Wortprotokoll

Monsieur Aeschbacher, la lutte contre les abus d'alcool ne se fait ni par la prohibition, ni par les interdictions de publicité. L'éducation et l'information dispensées afin d'adopter une attitude raisonnable vis-à-vis de la consommation de produits alcoolisés restent les moyens les plus appropriés pour promouvoir une consommation intelligente sans abus.

A l'article 10, Monsieur Aeschbacher, nous revenons sur la question de la liberté que nous avons accordée uniquement aux chaînes privées suisses, une liberté qui ne concerne que le vin et la bière, puisque évidemment les produits distillés ne sont pas concernés. Afin de replacer la discussion dans son contexte, je vous rappelle que 60 pour cent du taux d'écoute de notre pays concerne des chaînes étrangères de pays voisins qui n'ont - à l'exception de la France - aucune interdiction de publicité pour l'alcool, même pour les spiritueux. 35 pour cent du taux d'écoute concerne la SSR, à qui nous avons refusé cette libéralisation de la publicité - comme vous le savez - par la décision que nous avons prise à l'article 16.

A l'article 10, nous ne nous préoccupons que du 5 pour cent d'audimat qui concerne les chaînes privées suisses. Réexaminer cet article et ne pas libéraliser la publicité sur nos chaînes locales serait discriminatoire sur plusieurs points et favoriserait une distorsion de la concurrence entre les différents supports médias existants. On affaiblirait nos médias [PAGE 433] audiovisuels suisses, puisque les chaînes privées étrangères pourraient diffuser de la publicité interdite chez nous. On perpétuerait une différence de traitement entre les presses écrite et télévisée.

Mais il y a une autre discrimination sur laquelle j'aimerais revenir. Les grands producteurs de vin des pays voisins ont accès à une publicité sur les chaînes étrangères et touchent ainsi les consommateurs suisses. Une possibilité de publicité sur les télévisions locales permettrait aux petits producteurs suisses d'informer le public de manière adéquate, en rapport avec leurs moyens limités, sur le marché local. En autorisant cette forme de publicité, nous donnons donc une chance aux entreprises suisses de petite taille de maintenir leurs parts de marché face à la concurrence représentée par les vins importés produits par de grandes sociétés internationales qui font leur pub sur les grandes chaînes.

Je vous demande donc - comme mon collègue Weigelt - de rejeter la proposition Aeschbacher, de ne pas réexaminer l'article 10 et d'en rester à notre première décision. Il ne s'agit que du 5 pour cent d'audimat qui concerne les télévisions locales.