preparatory:AB 43663
Robbiani Meinrado · Nationalrat · Tessin · Christlichdemokratische Fraktion · 2004-06-03
Wortprotokoll
En abordant le thème du soutien à l'exercice de l'activité économique, il n'est pas superflu de rappeler d'abord les éléments de rupture, du moins partielle, intervenus peu avant le début de cette législature et qui jettent un nouvel éclairage sur l'activité économique et sa relation avec la société et avec l'Etat. Surtout, la chute des marchés financiers et la crise qui s'est ensuivie ont remis en question des aspects tels que, d'abord, l'illusion que la richesse peut se reproduire d'elle-même suite à des mécanismes spéculatifs faisant abstraction du travail; elles ont remis en question la primauté de l'économie financière, axée plutôt sur l'immédiat, face à l'économie réelle, davantage tournée vers le long terme; elles ont aussi remis en question la confiance aveugle dans le marché ainsi que la globalisation. [PAGE 861]
On peut aujourd'hui, heureusement, saisir plus nettement l'importance, aussi en termes économiques, d'une économie consciente que la richesse naît du travail et de l'engagement, tant des entrepreneurs que des travailleurs et travailleuses, plutôt que des activités spéculatives. On saisit aussi l'importance d'une économie qui se pose des questions éthiques, d'une économie attentive à l'évolution sociale, consciente qu'elle peut prospérer d'autant plus qu'elle repose sur un tissu social stable et solide.
Dans cette optique, le projet du Conseil fédéral paraît visiblement insuffisant. Il traduit une vision trop restreinte de l'activité économique, sans considérer les liens de cette dernière, ses retombées et les conditions plus larges de son succès. Cette lacune, à notre avis, devrait donc pouvoir être comblée, en particulier en tenant compte, dans le cadre de l'activité économique, de la composante travail/marché du travail et de la composante consommation. Il ne s'agit pas de fermer les yeux et d'oublier les mutations profondes qui bouleversent le monde du travail et le marché du travail, et qui sont source d'insécurité, de précarisation et de contrecoups très graves. Si on laisse se fragiliser excessivement le travail et le marché du travail, on a des retombées négatives, non seulement sur les travailleuses et les travailleurs et sur la société, mais aussi sur le fonctionnement de l'économie même.
Autre élément qui doit aussi retenir toute notre attention, c'est le problème de pouvoir concilier vie professionnelle et vie familiale. C'est un carrefour décisif, crucial entre les intérêts de l'économie, d'une part, et les intérêts sociaux, d'autre part. C'est donc un thème qui doit retenir toute notre attention.
Il apparaît pareillement opportun de mentionner dans cet arrêté la question du niveau excessif des prix qui caractérise notre pays et qui est source de difficultés et de malaise pour de larges couches de notre population. Dans ce contexte, permettez-moi de souligner qu'il est injustifié et même aberrant de vouloir lier les salaires et les prix dans cette action de maîtrise. Il faut rappeler que les salaires stagnent pratiquement depuis quinze ans, que ce sont les salaires qui suivent l'évolution du coût de la vie et non le contraire et qu'une partie significative de notre population reçoit des rétributions très modestes.
Concernant enfin la promotion de l'activité économique en tant que telle, on souhaite en particulier deux choses. En premier lieu, on voudrait que la notion d'"innovation" trouve aussi place dans cet arrêté, à côté du binôme formation-recherche, parce que notre économie souffre depuis une décennie d'une faible capacité d'innovation. Il faut donc que le renforcement du potentiel d'innovation des entreprises, et surtout des PME, puisse constituer un but explicite sur lequel concentrer des efforts structurés. En deuxième lieu, on demande qu'on porte une attention toute particulière aux petites et moyennes entreprises, dont la compétitivité constitue un élément décisif et stratégique par rapport à la croissance économique, à la prospérité et à l'emploi dans ce pays.
Le groupe démocrate-chrétien suivra donc la majorité de la commission aux lettres bter et bnovies, soutenant aussi des compléments ponctuels apportés par des minorités, qui reflètent une vision plus complète de l'économie. Le groupe s'oppose au contraire en particulier aux minorités II (Zuppiger) et III (Noser), qui postulent une réduction des salaires et une flexibilisation encore plus accrue du marché du travail, et aussi à la position de la majorité de la commission à la lettre bsepties, qui prône une liberté économique encore plus intense.