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Recordon Luc · Nationalrat · 2004-06-08

Recordon Luc · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2004-06-08

Wortprotokoll

L'AVS ou les cantons? Les aînés ou les tâches sociales générales? Eh bien non, notre proposition de la minorité IV est différente. Nous pensons que c'est à la jeunesse et aux familles qu'il faut penser en priorité dans l'attribution de ces réserves d'or. L'AVS, la loi sur la prévoyance professionnelle, la loi sur l'assurance-maladie: quoi qu'il en soit et de toute façon, les aînés sont déjà de facto en permanence à l'ordre du jour de nos travaux.

Le 16 mai dernier, nous en avons largement parlé, nous n'avons pas trouvé de solution. Mais nous avons aussi parlé en filigrane, pour une fois, de la question des familles. Que de déclarations vibrantes, que de professions de foi! Et aussitôt terminé l'épisode du 16 mai, on ne parle plus de la jeunesse, on ne parle plus des familles. Est-ce le signe d'une société qui ne sait plus que se projeter dans une prochaine période du troisième ou du quatrième âge, que de ne plus réaliser à quel point il faut bâtir sur la jeunesse et sur les familles? Même le parti hautement spécialisé en la matière, le PDC, n'en pipe plus mot depuis le 16 mai!

Nous revenons, quant à nous, avec cette proposition fondamentale. Les familles en Suisse se débattent dans les difficultés, non seulement pour obtenir un certain confort, mais parfois tout simplement pour exister. Faut-il dire et redire ici que sans un appui solide à des familles qui ne passent pas leur temps à tirer le diable par la queue, on ne saurait bâtir une société solide?

C'est pourquoi aujourd'hui, nous vous demandons de donner la priorité au contrat entre les générations. Plutôt que de jeter une pincée aux personnes âgées, plutôt que de ne rien résoudre, que de faire un geste politicard et démagogique en faveur de l'AVS, faisons quelque chose qui a du sens avec cet argent unique, dont le capital conservé et les intérêts sont en mesure d'apporter durablement une pierre à l'édifice plus que branlant, presque en ruines, de notre politique de la jeunesse et des familles.

La proposition de la minorité IV qui vous est soumise et que j'ai l'honneur de défendre ici est simple: le financement des allocations familiales. Faites les comptes: on peut réellement, avec le maintien du capital et l'utilisation des intérêts, pour longtemps, pour des décennies en tout cas, apporter une pierre essentielle à cet édifice, alors qu'en matière d'AVS, tout cela va se noyer, va équivaloir, comme le disait un précédent orateur, à quelques pour mille de TVA au mieux et ne résoudra rien à un problème qui d'ailleurs ne se pose pas aujourd'hui.

Décidément, nous avons ici une chance unique de réaliser quelque chose de décisif. On aurait pu penser, comme l'a fait la minorité III (Gysin Remo), à un appui à la formation. Il nous a semblé plus décisif de le faire dans le sens des allocations familiales.

Je vous demande instamment ici de marquer une différence symbolique et une rupture par rapport à nos débats de vieux, car vieux nous le sommes tous ou nous sommes en passe de l'être, et de miser sur l'avenir de ce pays.