Saudan Françoise · Ständerat · 2004-06-02
Saudan Françoise · Ständerat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2004-06-02
Wortprotokoll
A la première lecture, j'avoue que j'ai interprété différemment la proposition Pfisterer Thomas. Le problème n'ayant pas été abordé ici ou très peu, j'ai interprété le critère "la disposition au don d'organes" comme la capacité de supporter les contraintes qu'impose un don d'organe. Pourquoi? Parce qu'en me penchant sur la question, j'ai lu dans le petit ouvrage relatif aux transplantations d'organes édité par l'Hôpital cantonal universitaire de Genève qu'une fois qu'on a reçu un organe, on doit prendre correctement soin de l'organe transplanté - en l'occurrence un rein -, se rendre impérativement aux contrôles, aux consultations, et respecter scrupuleusement les prescriptions et les conseils donnés par le médecin.
Or, un des problèmes qui se pose avec non pas la banalisation, mais avec le développement des greffes d'organes, c'est que certaines personnes transplantées n'ont ni la discipline, ni la rigueur qu'implique le fait de recevoir un organe. Et on arrive à des situations assez dramatiques qui conduisent des personnes transplantées à se retrouver, après un certain nombre d'années, de nouveau sur une liste d'attente parce qu'elles n'ont pas respecté les exigences extraordinairement lourdes liées au fait de bénéficier d'un don d'organe.
Je dois dire que je m'étais totalement trompée en interprétant la proposition Pfisterer Thomas dans ce sens. La démarche qui nous est proposée m'a rappelé ce qui avait été introduit au centre de transfusion sanguine de Genève - il y a fort longtemps puisque c'était il y a quarante ans - quand je suis devenue donneuse de sang. Sur ma carte de donneuse de sang figurait qu'en cas de pénurie de sang, les donneurs seraient les premiers à recevoir une transfusion sanguine. Je dois dire qu'à l'époque, je ne m'étais pas interrogée sur la portée de cette disposition.
Dans ce domaine pourtant, je partage les inquiétudes de Monsieur Pfisterer. J'ai dit lors du débat d'entrée en matière - de même que ma collègue Trix Heberlein en aparté - que je trouvais paradoxal qu'on ne veuille pas donner ses organes, pour des raisons tout à fait valables, que je peux comprendre, mais qu'on soit d'accord de recevoir des organes. Il y a là quelque chose qui me dérange dans l'équilibre du processus. Mais je ne peux pas faire le pas dans le sens de ce qu'a expliqué Monsieur Pfisterer, d'autant que je comprends maintenant ce qu'il veut.
La question de fond subsiste, et c'est pour ça que je suis heureuse que ce conseil n'ait pas voulu supprimer l'alinéa, encourageant l'information dans ce domaine. Le problème majeur qui subsiste, c'est la pénurie d'organes et cette propension, qui résulte de la mentalité de notre société, à bien vouloir bénéficier de tout ce que l'on peut nous apporter, sans envisager la contrepartie de ce que nous pourrions apporter. Je dois dire que je suis, comme Monsieur Pfisterer, un peu mal à l'aise.