Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · 2004-09-28
Roth-Bernasconi Maria · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2004-09-28
Wortprotokoll
L'importance de la formation pour le bon fonctionnement d'une société d'un point de vue économique n'est plus à rappeler. Cependant, le rôle de la formation ne s'arrête, et de loin, pas là. En effet, elle est le ciment d'une société qui veut éviter les dérives de tous types. Je citerai à titre d'exemple les dérives que se sont permises certains groupements lors de la campagne sur les naturalisations facilitées. Grâce à la formation, on ne pourra certes pas les empêcher, mais du moins en atténuer les effets. La formation est à notre sens également le gage d'une société moins violente et la chance pour une société d'évoluer. En effet, une population pas ou mal formée est beaucoup plus réticente au changement. C'est pour ces raisons qu'il est de la plus haute importance de garantir l'accès à la formation à la majeure partie de la population.
Pour ce faire, plusieurs aspects sont à mettre en oeuvre et doivent nécessairement se trouver dans cette loi.
1. Il est important qu'il existe une perméabilité entre les formations, que ce soit des hautes écoles spécialisées vers les universités ou des universités vers les hautes écoles spécialisées. Il serait néfaste voire contreproductif de mettre en concurrence ces deux filières de formation: elles sont en effet complémentaires puisque chacune a des fins différentes. A ce titre, il est important de retarder le plus possible la sélection, comme on le fait par exemple à Genève, et de jeter des ponts entre les filières. En effet, il est difficile de demander à des jeunes âgés de 15 ans d'être sûrs de leur choix, à un âge où l'on est encore à la recherche de son identité. Une possibilité d'admission sur dossier, comme mentionné à l'article 5 alinéa 3, est donc très importante.
2. Un des changements fondamentaux que nous apporte cette loi est l'intégration aux HES des filières de formation santé, social et arts. Cette intégration est d'importance, puisqu'elle met en oeuvre un principe ancré dans la Constitution lors de la révision de celle-ci en 1998, à savoir la compétence de la Confédération dans tous les domaines de la formation professionnelle. Il s'agit de revaloriser ainsi les filières de formation comportant une population à majorité féminine. Si cette intégration est d'importance, il faut également garder à l'esprit les spécificités de ces nouvelles formations et permettre une certaine flexibilité quant à son intégration dans la loi-cadre.
3. Pour favoriser l'accès des femmes à toutes ces filières, il est important de garantir aux personnes ayant des enfants à charge un accès à la formation. Pour ce faire, il est crucial de soutenir la proposition de la commission du Conseil national concernant l'article 6 alinéa 1 qui précise que la formation peut être accomplie à temps partiel. Il est également important, si on ne veut pas priver l'économie du travail de nombreuses femmes, de rejeter la proposition de minorité du groupe UDC concernant l'article 3 alinéa 5, qui vise à rayer la promotion de l'égalité des sexes confirmée dans cette loi.
Enfin, il est important de ne pas fermer les HES aux étudiants et étudiantes des écoles du degré diplôme. Cette loi ne doit pas mener à l'éradication des maturités spécialisées en leur fermant complètement l'accès aux HES. C'est pourquoi j'invite l'office concerné à faire avancer le dossier des maturités spécialisées, et de trouver une solution qui ne mène pas à leur suppression.
Pour conclure, j'aimerais souligner l'importance de garantir le financement de toutes ces filières de formation, et de libérer les fonds nécessaires à une bonne intégration des filières santé, social et arts. Si nous voulons assurer une formation de qualité pour toutes et pour tous, nous nous devons de garantir le financement des filières HES. Il serait incohérent, voire hypocrite de notre part de prétendre soutenir la création de formations de haute qualité et de refuser en même temps l'argent nécessaire.
La même option doit être prise pour l'accès aux études de "bachelor" et de "master". En effet, on ne doit pas créer une inégalité de traitement qui empêcherait l'accès au "master" à la partie la plus défavorisée de la population en introduisant un cens financier.
Vous l'aurez compris, le groupe socialiste vous invite à entrer en matière sur ce projet de loi.