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Zisyadis Josef · Nationalrat · 2004-09-29

Zisyadis Josef · Nationalrat · Waadt · Fraktionslos · 2004-09-29

Wortprotokoll

J'ai vraiment l'impression, dans ce débat, que certains ici parlent du secteur touristique comme s'il s'agissait d'une branche annexe, sans importance pour la population tout entière et pour ceux et celles qui y travaillent. Avec 22 milliards de francs de recettes en 2003, c'est le troisième secteur économique du pays. Je voudrais tout de même attirer votre attention sur un élément capital à propos de cette somme considérable: 43 pour cent de ladite somme sont liés au tourisme interne, c'est-à-dire 9,6 milliards de francs. C'est dire, pour ceux qui l'oublieraient, que cette branche ne dépend pas essentiellement des touristes étrangers.

Dans ce Parlement, il y a décidément beaucoup de donneurs de leçons, et chacun y va de sa petite histoire et de son expérience personnelle sur ce qu'il faudrait faire ici ou là pour le tourisme. Mais peut-être que tout cela cache mal une stratégie néolibérale qui consiste à faire des économies dans un secteur qui fournit de fait des prestations de service public. Le tourisme a une fonction de rééquilibrage régional, une fonction essentielle de maintien d'une agriculture multifonctionnelle et aussi d'un savoir-faire local, artisanal, de proximité. Il ne peut pas y avoir, dans cette période de mondialisation du capital, de tourisme économiquement rentable sans soutien fort des pouvoirs publics. D'ailleurs, la "maigreur" de l'engagement public suisse est à remarquer en comparaison internationale. [PAGE 1464]

En disant cela, le groupe "A gauche toute!" signifie qu'il ne donnera pas de chèque en blanc à un secteur qui a encore énormément d'efforts à effectuer pour offrir des conditions de travail et de salaire acceptables socialement. Nous pensons là directement aux bas salaires, qui sont légion dans le secteur, et à l'utilisation massive d'une main-d'oeuvre au noir ou au gris.

De même, nous sommes persuadés que, pour cette branche économique, la sortie de la crise doit se faire avec une prise en compte de la réalité sociale et écologique, notamment du tourisme interne, fortement sous-estimée dans son impact économique démultiplié sur le plan régional. J'ai l'impression que certains ici confondent le débat sur le crédit-cadre avec peut-être une nécessaire loi fédérale sur le tourisme, qui devrait exister et que nous n'avons toujours pas.

Notre groupe "A gauche toute!" votera le crédit de 230 millions de francs pour cinq ans, conscient que ce n'est pas en péjorant les conditions de ce secteur qu'il y aura plus de tourisme social et écologique dans le pays, et surtout de meilleures conditions de travail pour les travailleurs et les travailleuses de ce secteur.

Ceux qui sont conscients qu'il y a besoin d'un tourisme fortement lié à sa nature de service public ne joueront pas avec le feu à propos de ce crédit-cadre.