Couchepin Pascal · Bundesrat · 2004-09-29
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2004-09-29
Wortprotokoll
Mais Madame Huguenin, l'exemple de l'école est excellent! Tout le but de [PAGE 1501] l'école est de donner le goût d'apprendre aux jeunes, le goût de consommer la culture, de consommer la formation! Donc c'est gratuit et on leur dit: "Ecoutez, on vous donne le plus d'offres possibles. Consommez! Mais consommez toute votre vie la formation, l'éducation et la culture!" Et le but de l'école gratuite, d'une certaine manière, si vous voulez m'entraîner sur ce sujet, c'est de donner à chacun la possibilité d'apprendre, d'apprendre à apprendre, et de grandir du point de vue intellectuel. Donc faire la comparaison avec l'école, dans tous les cas, ne va pas, parce que là, précisément, on veut que les gens consomment, on veut leur apprendre à consommer.
Oublions cette comparaison qui me paraît malheureuse. Je suis pour une école gratuite efficace, qui donne à chacun la possibilité de consommer davantage de culture. C'est la vieille tradition radicale comme vous l'avez dit, et je suis content qu'on rende de temps en temps hommage à ce parti qu'on a plutôt l'habitude de décrier!
Mais aujourd'hui, on en est à l'assurance-maladie. Je crois bien sûr qu'une grande partie des gens qui ont recours à l'assurance-maladie n'ont pas une attitude consumériste. Il y a des gens réellement malades et chacun d'entre nous sait qu'on finit tous par mourir, et que la mort est généralement précédée par une période de très forte consommation. Au cours de sa vie, presque chacun d'entre nous a eu un pépin une fois ou l'autre ou a vu des gens qui ont des pépins de santé plus ou moins lourds. Je crois qu'il ne faut pas jouer là-dessus. L'immense majorité des gens consomme parce que c'est nécessaire.
Mais on peut se poser des questions pour une certaine frange de la population. On sera tous d'accord pour dire qu'il faut inciter les gens, dans la mesure où c'est possible du point de vue de la santé, à consommer des génériques plutôt que des médicaments de marque. Je pense que vous êtes d'accord avec moi pour dire qu'il faut faire un pas dans ce sens. Il faut apprendre aux gens à prendre conscience de ce qui peut porter atteinte à leur santé. Il faut leur apprendre que le médecin n'a pas la réponse à toutes les angoisses que l'on peut avoir dans la vie. Il faut aussi apprendre à gérer un certain nombre d'angoisses, il faut apprendre à gérer un certain nombre de difficultés physiques naturelles et normales qui surviennent à chacun et qui ne justifient pas la consommation médicale. Sur ce point-là, vous êtes d'accord avec moi, l'immense majorité des consommateurs médicaux le font avec raison. Et il y a une marge où l'on peut obtenir un comportement plus conscient, plus responsable, qui évite la surconsommation médicale. Et c'est sur cette surconsommation médicale que nous nous penchons et nous pensons que c'est suffisamment important pour que cela puisse avoir une influence. Il faut aussi jouer sur cette marge, comme vous êtes d'accord avec moi de jouer sur la marge qui existe entre le produit générique et le produit de marque.