Cuche Fernand · Nationalrat · 2004-10-04
Cuche Fernand · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2004-10-04
Wortprotokoll
Je suis un peu abasourdi par les propos tenus par le porte-parole du groupe UDC. A la lecture du message qui nous a été soumis, lors de la discussion en commission aussi, je ne me souviens pas qu'on soit intervenu pour dénoncer le fait que de l'argent ait été remis à des riches de l'ex-Union soviétique ou de la Russie.
Si un petit paysan de montagne de l'Oberland bernois ou des Prés-sur-Lignières peut aider, par une contribution des pouvoirs publics - "via" ses impôts -, un paysan d'Ukraine à vivre, dans un marché renouvelé, en liaison directe avec son marché de proximité, je pense qu'il pourra déclarer que ce financement est fort utile.
Il est faux aussi de parler d'effet pervers de l'intervention de la Suisse dans le cadre de la coopération: c'est tout le contraire en tout cas en ce qui concerne les pays de la Communauté des Etats indépendants. En effet, la plupart de ces pays, à cause de la disparition de l'Union soviétique, sont soumis - l'opération n'est pas terminée aujourd'hui encore - à l'obligation de devoir créer des structures gouvernementales, instaurer des régimes démocratiques, mettre en place des infrastructures de fonctionnement. A la lecture du message qui nous a été soumis, on voit que les objectifs de la coopération, en tout cas pour ces pays-là, sont très clairs. On parle de "stabilité et gouvernance, réformes économiques structurelles et développement des revenus" - c'est tout le contraire du bétonnage de structures, comme cela a été sous-entendu tout à l'heure -, "infrastructures et ressources naturelles et, enfin, réformes sociales et nouvelle pauvreté".
Nous rejoignons aussi les propos qui ont été tenus par Madame Müller-Hemmi, rapporteure de la commission, lorsqu'elle a parlé des migrations. Je crois qu'ici, le porte-parole de l'UDC, qui s'est exprimé au nom de la minorité, devrait quand même faire un lien étroit entre le phénomène des migrations, qui fait horriblement peur à son groupe, et la nécessité d'investir là où les hommes et les femmes sont nés et là où ces personnes se sont adaptées. S'il y a des problèmes de survie, des difficultés de vivre, c'est bien là qu'il faut intervenir pour ne pas contraindre ces gens à l'émigration. Je ne sais pas combien de temps il faudra encore répéter ici cette nécessité d'être présents, bien sûr avec compétence! bien sûr avec l'esprit critique! bien sûr avec tout le suivi nécessaire pour que les millions investis apportent vraiment des progrès!
Au vu de ces considérations, nous pensons aussi de façon résumée qu'il y a un effort important à faire en matière d'environnement. Nous savons que les pays qui étaient membres de l'ex-Union Soviétique ont été soumis à des pressions extraordinaires au niveau de l'environnement, avec vraisemblablement quelques bombes à retardement ici ou là. Il est bon que les pays de l'Europe occidentale soient parfaitement informés sur ces situations environnementales qui peuvent être explosives.
Nous voyons aussi qu'il y a, de la part de la coopération, une stratégie d'approche régionale - toujours pour ces pays-là -, notamment pour des enjeux fondamentaux comme l'eau. On nous cite un certain nombre de pays nouveaux qui sont déjà en conflit, à un certain moment de l'année, en ce qui concerne l'utilisation et la répartition de l'eau.
En conclusion, le groupe des Verts doit quand même regretter, vis-à-vis de la commission et de la représentante du Conseil fédéral, de n'avoir pas voté les 800 millions de francs, c'est-à-dire la position du Conseil fédéral, en commission. Cela nous a un petit peu échappé; nous avons été rattrapés par la majorité de notre groupe. Mon collègue va exposer tout à l'heure pourquoi nous souhaitons idéalement aller vers la solution - je ne dirai pas forcément la plus généreuse, parce qu'on pourrait peut-être être encore plus généreux - la plus réaliste par rapport à l'analyse des nécessités que nous faisons de cette situation.