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Meyer Thérèse · Nationalrat · 2004-10-06

Meyer Thérèse · Nationalrat · Freiburg · Christlichdemokratische Fraktion · 2004-10-06

Wortprotokoll

Je viens à la tribune avec mon gilet pare-balles et mes gardes du corps, comme me l'a conseillé mon collègue député du même canton que moi, Jean-François Rime. Il m'a promis de me tirer dessus si je parlais encore de politique familiale! Je n'ai pas peur et nous, membres du groupe PDC, n'avons pas peur.

Nous interpellons aujourd'hui le Conseil fédéral parce que le ministre de l'intérieur a voulu mettre un accent particulier sur la politique familiale au cours du point médiatique culminant de son année, la sortie à l'île Saint-Pierre, ceci après la publication, 22 ans après le premier, du deuxième rapport sur les familles 2004, publication qui concrétise la recommandation 00.3662 de notre collègue Hansruedi Stadler, conseiller aux Etats. Cet événement amène toujours une surprise. Cher ministre de la famille, nous avons été déçus par vos déclarations, non pas parce qu'elles étaient fausses, mais parce qu'elles étaient très lacunaires. Le rapport, très bien fait, nous vous en remercions, met en évidence quatre objectifs essentiels de la politique familiale - politique qui ne dispose pas d'une conception d'ensemble en Suisse, il faut le dire: la protection contre la pauvreté; la redistribution horizontale entre ménages avec enfants à charge et ménages sans enfant; l'égalité au regard de la répartition des tâches et des rôles; l'égalité de chances entre les enfants.

Dès lors plusieurs niveaux d'intervention s'imposent: économique, sociologique, pédagogique, ainsi qu'au sein même de la famille. Le chef du département n'a parlé que d'une seule intervention nécessaire à son sens: la conciliation entre vie de famille et vie professionnelle. C'est un point important et reconnu comme primordial, c'est vrai, mais cela ne suffit pas pour élaborer une conception d'ensemble de la politique de la famille au plan suisse, politique qui n'existe pas encore aujourd'hui. Avec le congé maternité accepté, heureusement, le 26 septembre 2004, la seule action entérinée au plan fédéral est l'encouragement à la création de places d'accueil extrafamiliales; cette action doit se poursuivre et déployer encore ses effets.

Cependant, le problème est loin d'être résolu. Un rapport BASS démontre que les familles ayant 70 000 ou 80 000 francs de revenu annuel et trois ou quatre enfants sont les plus mal loties au plan du pouvoir d'achat. Donc, cela ne suffit pas d'augmenter la capacité de gain du couple. Pour disposer d'une politique vraiment "familienfreundlich", il faut absolument retravailler le cadre fiscal, qui est franchement défavorable aux familles qui ont plusieurs enfants, reconnaître les efforts consentis pour la formation et prendre en compte pour les primes d'assurance-maladie par exemple, non seulement la situation financière, mais aussi le nombre d'enfants de la famille.

Des prestations devraient combattre la pauvreté, mais de manière très ciblée. L'idéal étant, autant que faire se peut, de rendre les familles autonomes financièrement au moyen de conditions de base meilleures qu'actuellement. Des familles pleines de courage tirent la langue aujourd'hui, vous le savez. Et dans un pays où le taux de natalité est très bas, il faut faire des efforts pour ne pas décourager les couples d'avoir des enfants - qu'ils désirent mettre au monde. Vous l'avez dit vous-même: le nombre d'enfants qui naissent reste inférieur à ce qu'il serait si tous les couples réalisaient leur désir d'enfant.

C'est notre responsabilité politique d'agir également au plan fédéral, c'est aussi la vôtre, cher ministre en charge de la politique familiale. Nous devons travailler ensemble pour l'avenir.