Couchepin Pascal · Bundesrat · 2004-09-21
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2004-09-21
Wortprotokoll
Madame Amgwerd nous fait deux reproches: un reproche de forme et un reproche de fond.
Je ne discuterai pas longtemps du reproche de forme. Je dois dire que j'accepte vos remarques. Je ne suis pas très heureux de la manière dont les choses se sont passées. Si on convoque les gens, on les reçoit, même si on doit leur confirmer une décision négative. Il est inutile de faire de longs discours là-dessus.
En ce qui concerne le reproche de fond: on a des programmes d'économies et ceux-ci doivent s'exprimer concrètement. Si on arrivait à faire toutes les économies sans diminuer les prestations réelles des organisations, cela signifierait que l'on gaspillait l'argent jusqu'alors. Est-ce là qu'il faut faire en priorité les coupes ou bien peut-on réduire ailleurs? Je crois que vous vous faites l'avocate des organisations qui ont été "victimes" de l'opération. Je vous comprends. Mais qui doit être victime de cette réduction de dépenses qui nous a été imposée? Je rappelle que le budget de l'éducation culturelle des adultes a été réduit par décision du Conseil fédéral, et je suis solidaire de cette décision. Cette réduction s'est montée à 1,53 million de francs en 2003, ce sera 800 000 francs en 2005 et 700 000 francs en 2006. L'Office fédéral de la culture a décidé de ne pas couper de manière linéaire, mais d'établir des priorités. La priorité qu'il a donnée, ce n'est pas à la culture élitaire, Madame Amgwerd, c'est au contraire aux plus faibles, puisqu'on vise à soutenir deux organisations qui luttent expressément contre l'illettrisme.
A titre personnel, j'ai voulu rendre visite par surprise à une de ces organisations, en l'occurrence à l'Association "Lire et écrire". Une fois que je me trouvais à Zurich, je me suis présenté à la porte de cette organisation sans l'avertir de ma venue, et j'ai frappé. J'ai dit aux personnes qui étaient là: "Je suis là pour voir ce que vous faites. Quel est votre programme aujourd'hui? Qu'allez-vous faire ce soir? Qu'allez-vous faire la semaine prochaine? Quels sont vos programmes pour les semaines qui viennent?" Je dois dire qu'il y a toujours un petit côté sadique à faire ce genre de visites - tous ceux qui ont été une fois officiers ont eu un certain plaisir à surprendre le corps de garde, si on peut faire des comparaisons qui vont probablement enflammer les milieux culturels! Comparer l'armée et les milieux culturels, c'est quelque chose qui est certainement peu apprécié par les milieux culturels les plus sensibles à leur ego! Je dois dire que j'ai été impressionné par la réponse reçue et j'ai envoyé une lettre de félicitations à la personne qui m'a répondu. C'était une réponse claire: ils avaient un programme, ils savaient exactement ce qui se passait, et je suis reparti en disant: "Il faut dire que cette subvention est - en tout cas pour ce qui concerne cette organisation - justifiée."
Cela ne veut pas dire que les autres ont moins de mérite. Nous avons par le passé ouvert des discussions avec plusieurs des organisations orphelines de subsides pour voir quelle était la solution qu'on pouvait trouver. Faut-il maintenant convoquer tout le monde et, après avoir dit non, les entendre alors que probablement, la réponse sera négative, en tous les cas globalement? Peut-être qu'on peut trouver une solution pour telle ou telle organisation. Je crois que ce serait vraiment faire du formalisme. Mais on essaie de chercher pour l'une ou l'autre des organisations devenues orphelines une solution, et c'est possible.
Mais à la fin, épargner c'est douloureux. C'est douloureux pour nous, c'est douloureux pour vous, c'est douloureux pour les organisations et on aura probablement de nouveau des débats comme ceux-là. Je présente mes excuses aux organisations qui ont été convoquées et à qui, ensuite, on a dit qu'on n'avait plus besoin d'elles parce que c'était décidé.
Je crois que ce n'est pas juste. Mais, sur le fond, je dois dire que je ne peux pas désapprouver ceux qui ont ordre de faire des économies, d'avoir choisi une stratégie plutôt que l'autre, la concentration plutôt que la répartition linéaire des sacrifices, et j'accepte le débat politique sur ce sujet.