Vanek Pierre · Nationalrat · 2004-11-29
Vanek Pierre · Nationalrat · Genf · Fraktionslos · 2004-11-29
Wortprotokoll
Au nom d'"A gauche toute!", j'aimerais dire ici que nous n'entrons pas en matière sur ce budget. Nous n'"entrons pas en matière" également sur la logique du débat que je viens d'écouter avec attention pendant ces quelques heures. Ce débat a essentiellement été marqué, de la part des orateurs de tous les bancs de cette salle, par une logique strictement financière, une logique de discussion du déficit, une logique consistant à dire qu'il fallait économiser, économiser bien plus ici ou économiser un peu moins dans tel ou tel domaine.
Mais l'essentiel n'a pas été abordé. Ce budget, cet engagement de l'Etat fédéral devrait être au service des habitants de ce pays. Ce que nous disons, dans notre groupe, c'est que les besoins des gens doivent compter d'abord. Au-delà du déficit modeste qui est présenté dans ce budget, il y a dans ce pays un déficit social croissant, un déficit de sécurité sociale, d'emplois, de logements, un déficit en termes de formation, en termes de service public de qualité qu'on démonte tous les jours, en termes de protection de l'environnement.
Tout ceci est une politique programmée, et ce par les partis de ce spectre de la majorité gouvernementale qui s'exprime dans cette chambre, une politique qui incarne les recettes néolibérales, avec des cadeaux fiscaux systématiquement faits aux riches et de l'austérité toujours croissante pour la majorité de la population, pour les salariés et pour les petites gens qui vivent une situation de dumping salarial et social, de déficit et de conditions d'existence qui s'aggravent tous les jours. Evidemment, un projet de budget devrait partir de cette situation pour essayer de répondre à ces besoins-là. Mais de ce point de vue, à part une ou deux interventions, très modestement, l'essentiel de ce qui a été dit portait sur la seule réduction des dépenses. C'est d'ailleurs présenté dans le message du Conseil fédéral comme son objectif central: réduire les dépenses pour réduire les déficits, parce que - je cite le condensé, conclusion, page 10 du message - "des hausses d'impôts .... risquent d'être rejetées par le peuple et les cantons". Mais ce sont au contraire les cadeaux fiscaux que vous avez voulu faire le 16 mai dernier, justement aux riches, qui ont été rejetés par la majorité du peuple et des cantons. Donc, là est la voie: pour nous, il s'agit de trouver des recettes qui permettent de répondre aux besoins des gens. C'est possible; on m'a donné trois minutes pour m'exprimer, je ne vais donc pas détailler un programme fiscal alternatif, mais c'est bien de cela qu'il s'agit.
Le premier orateur, Monsieur Maurer, du groupe UDC, est venu dire que c'était très facile de trouver 1 milliard de francs d'économies sur un budget de 50 milliards de francs environ! Il a joué, avec des trémolos dans la voix, sur le fait que ces coupes étaient un cadeau fait aux générations futures. Eh bien, non, nous disons que ces "économies" ne sont pas un cadeau fait aux générations futures, c'est du vol opéré aujourd'hui aux dépens des petites gens, de la majorité de la population de ce pays; c'est une péjoration de leurs conditions d'existence.
Mais nous pourrions dire, de notre côté, en reprenant exactement le même discours, qu'il est très facile de trouver 1 ou 2 milliards de francs de recettes supplémentaires. Ce serait vrai; il serait possible d'obtenir des majorités, si vous n'étiez pas là pour mener cette politique de cadeaux à vos petits copains! De ce point de vue, au contraire de ce qui a été dit sur certains bancs à gauche, je remercie Monsieur Maurer de son intervention - et le groupe UDC -, parce qu'il exprime de manière très claire la position politique du courant dominant dans ce Parlement. Il s'agit de faire des économies, il s'agit de finances; il ne s'agit pas de dire où l'on coupe, ce que l'on supprime; on s'en fout: l'essentiel, c'est d'alléger la charge fiscale pour ceux qui, pourtant, auraient les moyens de contribuer.