Maitre Jean-Philippe · Nationalrat · 2004-11-29
Maitre Jean-Philippe · Nationalrat · Genf · Christlichdemokratische Fraktion · 2004-11-29
Wortprotokoll
Mon propos est d'abord celui de la gratitude. Vous êtes évidemment, mes chers collègues, les premiers destinataires de cette gratitude, et je veux vous dire un très cordial merci pour votre confiance. Une reconnaissance particulière va, bien sûr, à mon groupe parlementaire dont je suis fier des valeurs qui nous unissent et heureux des liens d'amitié qui ont été tissés.
C'est également d'une dette très agréable que je m'acquitte en disant mon estime aux autorités de mon canton et de ma commune de Collonge-Bellerive qui sont ici représentées. Votre présence, de même que celle de nos juges fédéraux et de Monsieur le Procureur général, me touche beaucoup. Elle est le signe concret et renouvelé de l'attachement confédéral de Genève. Parfois - et peut-être est-ce dû au tempérament volontiers turbulent de notre petite république - on se prend à douter, de ce côté-ci de la Sarine, du caractère authentiquement helvétique des Genevois, comme si leur amarrage tout au bout du lac les rendait déjà un peu français!
Il suffit de se souvenir, mes chers collègues, que Genève est l'un des cantons de notre pays qui abrite le plus de sociétés patriotiques pour mesurer, par ce seul exemple, l'enracinement confédéral très profond des Genevois. L'esprit d'ouverture d'une Genève qui se frotte tous les jours à la vie internationale et qui compte près de 40 pour cent de population d'origine étrangère, et l'attachement réel à notre pays ne sont en rien antinomiques. Ils forment au contraire un tout solidement lié, constitutif d'une identité suisse qui a une autre ambition que le repli sur soi.
Je ne peux évidemment pas évoquer les racines cantonales sans dire tout ce qui m'unit à mon canton d'origine, le Jura: des liens de famille, d'amitié, de culture et de lutte politique. Je le dis avec d'autant plus d'émotion que, depuis l'entrée en souveraineté du Jura, c'est la première fois qu'un des fils de cette terre magnifique est appelé à la charge que vous venez de me confier. Je souhaite partager cette émotion notamment avec le gouvernement de la République et Canton du Jura, qui est représenté ici par son président, que je salue très cordialement.
Unsere Dankbarkeit gilt dem bisherigen Präsidenten, Max Binder, der unsere Arbeit mit sehr viel Engagement und grosser Kompetenz geleitet hat.
Lieber Max, während dieses Jahres konnte ich feststellen, mit welchem Ernst Du Deine Aufgabe wahrgenommen hast. Die detaillierte Vorbereitung der Sitzungen, die klare und sichere Führung der Debatten, die Koordination unserer Beratungen mit denjenigen des Ständerates, die permanente Pflege der Beziehungen zum Bundesrat - für all dies sind wir Dir zutiefst dankbar. Du hast nicht gezögert, Neuerungen einzuführen, und manchmal hast Du uns sogar damit überrascht. Im Speziellen möchte ich den Beginn der Sitzung der Vereinigten Bundesversammlung vom 17. März 2004 erwähnen. Um den 200. Geburtstag von Schillers "Wilhelm Tell" zu feiern, hast Du uns in diesem Saal mit einer Aufnahme der Ouverture von Rossinis gleichnamiger Oper beglückt. Deine Kollegen konnten sich, sofern notwendig, davon überzeugen, dass man nicht nur in der Politik wissen muss, wie und wo die Musik spielt.
Wir bitten Dich, auch Deiner Frau unseren besten Dank zu übermitteln. Die Mitglieder des Büros hatten die grosse Freude, sie in Deiner wunderbaren Gemeinde Illnau-Effretikon anlässlich unserer Sitzungen vom letzten Sommer persönlich kennen zu lernen.
Nochmals, Max: ein grosses Merci! (Beifall)
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Mon propos n'est pas seulement celui de la gratitude, il est également celui de l'enthousiasme. Ce n'est pas de l'enthousiasme béat, disons que c'est de l'enthousiasme lucide. Cet enthousiasme doit être d'abord celui que nous réservons à notre travail. Nous sommes en charge de dossiers majeurs, souvent difficiles. La session qui s'ouvre en donne l'exemple clair: les Bilatérales II, avec Schengen et Dublin; l'élargissement de l'Union européenne à l'Est, avec pour corollaire l'extension de la libre circulation des personnes; la mise au point, dans un contexte très tendu, du budget de la Confédération avec ses implications économiques et sociales, notamment.
Face à de tels enjeux, on ne peut pas se laisser gagner par l'esprit de routine pire encore: par la résignation. Ce que nous avons à faire est important, ne serait-ce que parce que le peuple, en nous élisant, nous l'a demandé. Non, notre mission n'est pas banale: il nous est donc interdit de l'accomplir de manière médiocre. Au-delà de nos convictions politiques respectives, qui en démocratie justifient la vivacité des débats, partageons l'exigence de sérieux. Montrons-nous gourmands, si j'ose dire, de qualité. Il n'y a pas de meilleure réponse aux désabusés et aux blasés de tout acabit, aux yeux desquels l'autoflagellation, voire parfois le dénigrement, aurait valeur de sport national.
Nous vivons une époque marquée par des paradoxes de toute sorte - c'est d'ailleurs ce qui la rend très intéressante. Prenons un exemple: le monde s'est ouvert tous azimuts; on ne cesse de parler de mobilité, de globalisation. C'est une réalité amplifiée encore par la fulgurance du développement de la communication électronique. Jamais comme aujourd'hui, on a eu autant besoin d'espace et, simultanément, chacun revendique aussi, à juste titre, un ancrage affectif, culturel et civique, bref un ancrage identitaire. Besoin d'ouverture et d'espace donc, mais simultanément besoin de racines.
Oui, notre époque est celle des paradoxes, des tensions contradictoires. On découvre qu'elle est moins prévisible, plus complexe; elle bouscule les habitudes, voire renverse des certitudes que l'on croyait à jamais acquises. Pour paraphraser Paul Valéry, notre pays constate que "même le futur n'est plus ce qu'il avait l'habitude d'être".
Les Suisses voient bien que les choses ne sont plus comme avant. On vit davantage dans l'incertitude, et les jeunes, notamment, face au monde du travail qui s'ouvre à eux, le ressentent parfois douloureusement. Tout cela donne naissance au doute et il y a plusieurs façons de le prendre en compte. Certains en tirent parti, non pour le comprendre, mais pour l'amplifier, pour faire passer du doute à la peur, cette peur qui engendre les rancoeurs et les rejets. D'autres, face à la complexité des questions à résoudre, sont eux-mêmes gagnés par ce doute et en tirent justification à leur propre léthargie. D'autres enfin considèrent que le doute peut être fécond s'il nourrit la réflexion qui conduit de bonne foi et avec détermination aux décisions et aux réformes nécessaires.
Nous reconnaissons-nous dans cette troisième attitude? Prendre des décisions solides, réaliser de telles réformes n'est pas tâche aisée. Il faut des convictions claires, une écoute attentive et une aptitude à négocier intelligemment, ce qui, contrairement à certaines idées reçues, demande beaucoup plus d'imagination, et surtout de caractère, que la dérisoire prétention à ne transiger sur rien. Bref, il faut s'engager avec ténacité et façonner une solution nouvelle qui puisse avoir l'ambition de la durée. Il faut fédérer, il faut rassembler, telle est notre tâche.
Or, nous le voyons bien, nous vivons une époque de polarisation croissante. C'est à la mode et certains même en redemandent, attirés qu'ils sont par ce "prêt-à-penser" du politiquement correct. Pour ma part, j'ai la conviction qu'au-delà de son apparente séduction médiatique, ce phénomène est la négation de la culture politique suisse qui s'est développée, notamment par le fédéralisme et la démocratie directe, pour intégrer nos multiples minorités. Alors que la culture politique suisse - c'est son originalité et c'est sa grandeur - est un système subtil destiné à favoriser la participation et la convergence, la polarisation conduit à l'exclusion - momentanée ou durable - caractéristique des régimes d'alternance.
Notre pays pourrait-il se renier en faisant naître les conditions ou le risque d'une sorte de fracture civique? Je suis persuadé que nos concitoyennes et nos concitoyens ne veulent pas cela. Oui, dans ce contexte qui appelle un sursaut pour un retour à davantage de confiance dans la politique, notre tâche est immense. Elle est de celle que l'on pourrait confier à Sisyphe. Mais c'est la mission et l'honneur du Parlement que de traduire les doutes comme les aspirations des gens en décisions concrètes, visibles et compréhensibles. Lorsque la situation n'est pas facile, c'est véritablement donner du sens à la politique que de rendre Sisyphe optimiste.
Alors bon courage à tous! (Applaudissements)
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2. Wahl des ersten Vizepräsidenten des Nationalrates für 2004/05
2. Election du premier vice-président du Conseil national pour 2004/05
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Le président (Maitre Jean-Philippe, président): Les groupes proposent d'élire l'actuel deuxième vice-président, Monsieur Claude Janiak.
Je prie les scrutateurs de délivrer les bulletins de vote.