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Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2004-12-16

Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2004-12-16

Wortprotokoll

J'avoue que je ne comprends pas, notamment venant des rangs de droite, l'opposition aux avions de transport. Il y a déjà longtemps que l'on réclame l'acquisition d'avions de transport comme instruments adéquats pour les nouvelles missions qui ont été assignées à l'armée.

En premier lieu, sa première mission est les actions de promotion de la paix. Par exemple, pour ceux qui sont allés au Kosovo, il est évident qu'il n'était pas normal que les avions qui transportaient les soldats suisses de la Swisscoy, qui devaient transporter des hommes ou des populations civiles, parfois des équipements, fussent toujours étrangers, par exemple autrichiens ou allemands. Il n'est pas digne, il n'est pas normal que la Suisse ne puisse pas avoir à sa disposition et mettre à la disposition de l'action internationale à laquelle elle participe des avions de transport suisses. C'est une première raison. Encore une fois, c'est la conséquence logique de ce que nous avons décidé, de ce que le peuple a décidé quand il a admis que nous devions mener des actions de promotion de la paix. Quand on doit accomplir une mission, des avions de transport suisses sont des instruments nécessaires.

En second lieu, vous avez vu ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire. Il peut y avoir des cas d'urgence dans lesquels il importe de rapatrier nos compatriotes. Alors, on vient nous dire: "Il n'y a qu'à louer des avions." D'abord, il faut trouver les avions adéquats. Ensuite, tous les avions civils ne sont pas forcément des avions qui peuvent atterrir sur des aérodromes militaires. Un avion de transport adapté à une mission de ce genre, qui puisse atterrir même dans des endroits difficiles, est absolument nécessaire pour assurer la protection de nos compatriotes.

Voyez-vous, je l'ai déjà dit à cette tribune, j'ai un ami qui était, il y a quelques années, ambassadeur de Suisse en Côte d'Ivoire. Et il y avait déjà eu une crise comme celle que nous avons connue. A un moment donné, il a dû préparer l'évacuation éventuelle des Suisses de Côte d'Ivoire. Il a dû prendre contact avec les autorités militaires françaises, lesquelles lui ont répondu: "S'il y a encore de la place dans nos avions en cas d'urgence, nous prendrons naturellement les Suisses. Mais nous commencerons par les Français." Alors, la Suisse a pu bien sûr louer un avion durant cette crise-ci pour rapatrier les Suisses de Côte d'Ivoire, mais la situation s'était déjà un peu apaisée. Imaginez une situation d'extrême urgence; il ne s'agirait pas de dire alors: "On va louer tel ou tel avion", mais d'envoyer immédiatement l'avion que nous aurions à disposition. [PAGE 2146]

Pour ces deux raisons, je pense qu'il serait anormal que nous refusions ce crédit pour deux avions de transport. Quant au choix du type d'avion, le moins qu'on puisse dire, c'est que l'évaluation a pris son temps, et pour ma part je fais confiance au projet qui nous est présenté et au Conseil fédéral pour acquérir ces avions.

Au nom du groupe radical-libéral, je vous invite instamment, pour ces deux raisons, à accepter l'acquisition de ces avions de transport et donc à ne pas retrancher au crédit total le montant qui est affecté à cet achat.