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Gentil Pierre-Alain · Ständerat · 2004-12-07

Gentil Pierre-Alain · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2004-12-07

Wortprotokoll

La commission s'est brièvement penchée ce matin sur les propositions qui viennent de vous être soumises et, compte tenu de l'heure matinale et du peu de temps à disposition puisque nous avons siégé entre 7 et 8 heures, elle n'a pas eu le temps de mener un intense débat culturel. Je ne voudrais donc pas me faire le porte-parole d'un débat plus ample que celui qui a eu lieu en commission.

Simplement, plusieurs représentants de la commission - ce qui fait que je peux m'exprimer en leur nom - ont estimé qu'il serait tout à fait contestable que le Parlement, dans le cadre d'une décision budgétaire, prenne des décisions qui sont typiquement des décisions de mauvaise humeur, émotionnelles et plus guidées par la lecture des journaux à sensation que par ce que l'on est en droit d'attendre d'élus qui défendent les intérêts supérieurs de l'Etat.

Vous avez dit vous-même, Madame Langenberger, que nous avions à préserver l'esprit de la critique artistique, et c'est un point de vue que la commission partage. Ce qui est un peu étonnant, c'est qu'après avoir affirmé cette vérité générale, vous vous empressiez de dire que dans le cas particulier, vous n'entendez pas la respecter, puisque vous entendez sanctionner un artiste. Il faut être clair: du point de vue de la commission, les goûts et les couleurs sont toujours discutables. Si nous trouvons que telle exposition, tel livre, tel film financés par des fonds publics prêtent à discussion, il y a d'autres terrains sur lesquels nous pouvons discuter le contenu de ces films, de ces livres et de ces expositions; mais venir ici, en séance de budget, avec une espèce d'opération de représailles, est quelque chose qui a peu trait à la politique culturelle au sens large qu'on entend voir mener de la part d'un Etat.

Nous avons à définir des principes. Nous avons d'autres moyens d'interpeller les gens qui interprètent librement - ou trop librement, à notre goût - cette autonomie du goût et de la pensée. Le monde politique a démontré, lui aussi - vous l'avez relevé, chère collègue - ces derniers temps que le mauvais goût avait aussi en son sein ses lettres de noblesse, et il est assez inconvenant pour nous, politiciens qui cédons de cas en cas à la polémique en dessous de la ceinture, de prétendre faire la morale à des artistes ou des auteurs qui, de temps en temps, font de la provocation - ce qui, de toute éternité, est la vocation des artistes.

Nous vous proposons en conséquence de ne pas tirer prétexte d'une exposition et de son contenu pour réduire les prestations versées par la Confédération à Pro Helvetia, de maintenir ce budget en répétant que si d'aucuns ici pensent que Pro Helvetia a une politique discutable, il y a tout un tas d'autres moyens de demander des comptes à cette institution plutôt que de s'attaquer à son budget.

C'est la raison pour laquelle je vous propose, au nom de la commission, de vous en tenir au projet du Conseil fédéral.