preparatory:AB 50409
Calmy-Rey Micheline · Bundesrat · Genf · 2004-03-09
Wortprotokoll
La guerre en Irak n'a pas provoqué les effets escomptés par l'administration Bush. Elle a débarrassé le pays de la dictature de Saddam Hussein, mais elle a aussi provoqué un vide propice au regain du terrorisme et à l'expression exacerbée de revendications ethniques et religieuses. Onze mois après le début des opérations, les Nations Unies ont été appelées à participer au processus de reconstruction en Irak. Les populations directement concernées voient les intentions américaines au Moyen-Orient avec suspicion, au vu notamment des méthodes utilisées et de l'histoire des missions civilisatrices passées, qui sont en partie responsables de la situation actuelle.
Le réflexe anticolonialiste y pèse au moins autant que le désir de liberté, d'autant plus que des armes de destruction massive n'ont pas été découvertes en Irak jusqu'à maintenant. Rien ne laisse présager du succès de l'ambitieux projet américain de refonte du Moyen-Orient. Le fait est que le climat de crise et les affrontements armés perdurent en Irak, mais aussi sur le front israélo-palestinien. Ces développements font craindre de sérieuses conséquences sur le plan géopolitique. Dès lors, le Conseil fédéral estime que les réponses adéquates aux divers défis qui se posent aujourd'hui dans le monde doivent être recherchées et trouvées dans le contexte d'une étroite collaboration internationale et notamment dans des enceintes telles que les Nations Unies.
Les Etats-Unis ont lancé leur opération militaire contre Bagdad sans autorisation explicite du Conseil de sécurité des Nations Unies. Cela a constitué pour la Suisse un cas d'application de son droit de la neutralité. Il va sans dire qu'aujourd'hui, notre pays entend assumer sa part de responsabilité dans la phase de reconstruction et, à plus long terme, de consolidation de la paix en Irak. Ce faisant, le [PAGE 225] Département fédéral des affaires étrangères suit avec beaucoup d'attention l'évolution de la situation. Privilégiant la voie multilatérale, il est prêt à répondre à des demandes spécifiques qui viendraient des Nations Unies, voire des autorités irakiennes.