Zisyadis Josef · Nationalrat · 2004-03-09
Zisyadis Josef · Nationalrat · Waadt · Fraktionslos · 2004-03-09
Wortprotokoll
La Convention internationale relative aux droits de l'enfant est un texte majeur pour la conquête de nouveaux droits et de nouvelles libertés. C'est un outil essentiel pour l'amélioration des conditions d'existence des enfants sur la planète, pour leur avenir et pour l'avenir du monde. Cette convention, dont la rédaction a pris des années, est le fruit d'un travail considérable entre les peuples du monde entier.
Dans le but de récolter des fonds au profit de cette cause, l'Unicef, qui est la principale organisation mondiale chargée de la promotion de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant, a proposé des partenariats avec le secteur privé. Alors, le 19 juillet 2002 - c'est vrai que ça commence [PAGE 223] à dater -, l'Unicef et la multinationale McDonald's ont annoncé leur collaboration dans la création de la première journée mondiale des enfants de McDonald's.
L'intervention que j'avais faite à l'époque, qui date évidemment de plus d'une année et demie, a profondément choqué. De nombreuses associations et organisations ont été choquées par ce partenariat et ses conséquences désastreuses. Nous pensons que le respect de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant est une lutte difficile, quotidienne et souvent admirable. e texte n'a en aucune manière été rédigé à des fins d'exploitation commerciale.
Par ailleurs, nous sommes consternés par la publicité que se fait McDonald's, qui notamment a été prise, il y a environ quatre ans, en flagrant délit d'exploitation des enfants au travail dans la province chinoise de Guangfong. Si un certain nombre de personnalités suisses et d'organisations, syndicats et associations, ont dénoncé ce partenariat privé, c'est pour alerter la population sur les conséquences désastreuses de cette utilisation commerciale. Les personnalités et organisations signataires, notamment, ont réaffirmé que l'enfant n'est pas un individu dont les goûts et les comportements sont à uniformiser, mais que l'enfant est une personne unique dont il faut protéger l'identité.
J'aurais pu, Madame la conseillère fédérale, au fond, retirer mon postulat si la réponse du Conseil fédéral avait été satisfaisante ou au moins avait remis en cause par quelques lignes ce partenariat privé. Or, ce n'est évidemment pas le cas, et il est tout à fait consternant de voir le Conseil fédéral partager l'approche de ce type de partenariat entre l'Unicef et des organismes privés. Imaginez, Madame la conseillère fédérale, que la journée internationale des femmes soit sponsorisée par une marque de bagnoles ou bien par une marque de sous-vêtements? Ou bien que la journée mondiale de la torture soit subventionnée par des entreprises électriques. Mais jusqu'où ira-t-on avec ce type de partenariats?
Je pense que ce qui s'impose, vu que le Conseil fédéral n'a pas l'air de comprendre l'exigence qui est là-derrière, c'est, au-delà du cas précis de 2002, de mettre des garde-fous. C'est le devoir, nous semble-t-il, de la Suisse de faire respecter le fait que des journées de ce type, lorsqu'elles sont basées sur des conventions internationales, sont quasiment des biens communs qu'il faut défendre.
Donc, je maintiens mon postulat et j'invite le Parlement à en faire de même, afin que le Conseil fédéral puisse en tirer quelques réflexions pour les années futures.