Vanek Pierre · Nationalrat · 2004-03-10
Vanek Pierre · Nationalrat · Genf · Fraktionslos · 2004-03-10
Wortprotokoll
Merci, Monsieur le président, de m'avoir accordé le dernier mot dans cette affaire. Je voudrais redire rapidement que pour l'immense majorité des salariés de ce pays, ceux qui gagnent moins de 7000 à 8000 francs par mois, le paquet fiscal dont il a été question ici et sur lequel le peuple votera le 16 mai prochain est une gigantesque escroquerie. Il est injuste, favorise les plus riches. Vous le savez, comme le savent et comme l'ont compris des dizaines de milliers de gens qui ont signé le référendum populaire, que nous avons pris l'initiative de lancer la proposition avec mon ami Josef Zisyadis, il y a un certain temps lors d'une conférence de presse d'"A gauche toute!" dans cette maison.
Ce paquet fiscal s'inscrit dans une politique volontariste de caisses vides pour faire pression en faveur de coupes budgétaires antisociales à l'échelle de la Confédération et aussi à l'échelle des cantons. Vous le savez, le Conseil fédéral le sait bien. Je lisais une déclaration de Monsieur Merz l'autre jour dans "Le Temps", qui, parlant de cette affaire - des centaines de millions de francs en moins dans les caisses publiques induites par cette introduction, de ce lapin qu'on a sorti du chapeau de la progression à froid -, dit en se frottant les mains: "Cela accroîtra d'autant plus la pression sur l'assainissement du budget." Et on sait bien que quand Monsieur Merz et les gens de votre bord parlent d'assainissement du budget, il s'agit de coupes dans des prestations essentielles à la majorité des citoyennes et des citoyens et des habitants de ce pays.
Aujourd'hui, l'introduction de cette affaire est aussi une manoeuvre cosmétique pour rendre plus attractif un paquet auquel le peuple dira probablement - vous le savez, vous le craignez, vous le pressentez - non, et cela à juste titre. Ce type de manoeuvre de dernière minute est évidemment inadmissible. Il viole - mes préopinants, qui connaissent mieux les règles de fonctionnement de cette maison que moi, l'ont déjà expliqué, articles du règlement à l'appui - les règles et les conditions de travail élémentaires de ce Parlement. C'est inadmissible. Il viole surtout les droits des citoyens et les conditions normales d'exercice de la démocratie directe dans ce pays. C'est également absolument inadmissible.
Si on n'acceptait pas la motion d'ordre Marti Werner de biffer cet objet du programme de cette session, alors pourquoi le Conseil fédéral ne reviendrait-il pas, s'il s'aperçoit que sa campagne sur le paquet fiscal va très mal, le 3 mai - puisque nous avons une session spéciale de ce Parlement le 3 mai - avec de nouvelles adjonctions et modifications pour essayer de le rendre plus attractif?
Notre groupe "A gauche toute!" votera donc cette motion.
Une note personnelle encore: le mérite de cette affaire, c'est que j'ai appris un mot d'allemand que je ne connaissais pas. J'ai appris le mot "Pfusch". Je connaissais un autre mot auquel s'apparente cette affaire, je l'ai indiqué dans ce que j'ai dit avant, c'est le mot "putsch".
Je vous invite donc à adopter la motion pour éviter à la fois la poursuite de ce "Pfusch" - qui se dit "bordel" en français - mais aussi, évidemment, de ce putsch parfaitement antidémocratique sur le plan de la procédure et sur le plan - ce qui est plus important - des droits démocratiques des citoyennes et des citoyens.